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La plus ancienne maison de la rue Séraphin-Marion

La Maison Gaston-Héon au 155, rue Séraphin-Marion. Photo : Benjamin Vachet

La Maison Gaston-Héon au 155, rue Séraphin-Marion.

Publié le 28 Mars 2012
Publié le 28 Mars 2012
Benjamin Vachet  RSS Feed

Maison Gaston-Héon

Au tournant du 20e siècle, la Côte-de-Sable devient le quartier de la bourgeoisie d’Ottawa. L’élite et les professionnels anglophones et francophones y font construire de magnifiques maisons en brique.

Sujets :
Université d’Ottawa , Gaston-Héon , Département d’histoire , Rue Séraphin-Marion , Rue Wilbrod , Rue Séraphine-Marion

L’Express présente des chroniques historiques écrites en collaboration avec l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost, dans l’esprit des États généraux de la francophonie, afin de tracer un portrait de la francophonie de la capitale à travers le temps et les empreintes qu’elle a laissées et laisse encore dans le paysage ottavien.

« La Maison Gaston-Héon, au 155, rue Séraphin-Marion, autrefois rue Wilbrod, est un très bel exemple de ces résidences bâties en brique », remarque l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost.

Érigée en 1875, elle s’avère être la plus ancienne maison de la rue Séraphin-Marion. Depuis 1920, elle appartient à l’Université d’Ottawa et loge le Département d’histoire depuis 1968.

« Cette maison me rappelle de beaux souvenirs, se souvient M. Prévost. J’y avais mon bureau en 1980, au 3e étage, lorsque j’étais étudiant à la maîtrise en histoire et président du Club des voyages historiques de l’Université d’Ottawa ».

Sauvée de la démolition

La maison jumelée de style Second Empire se distingue par son magnifique toit en mansarde, sa belle brique rouge, ses impostes et ses vitraux.

« Il faut toutefois se rappeler qu’elle n’a pas toujours eu aussi fière allure, remarque l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa. Dans les années 60, on peint la maison en gris, l’une des couleurs officielles de la maison d’enseignement avec le grenat. La peinture a pour effet d’empêcher la brique et le mortier de respirer. Au fil des ans, l’édifice se détériore et perd son panache d’autrefois ».

En 1981, suite à un imposant dégât d’eau, la maison est évacuée d’urgence et on demande à la Ville d’Ottawa un permis de démolition.

« Heureusement, la Ville d’Ottawa refuse la requête, se réjouit M. Prévost. Dans les années 1990, on restaure l’édifice, sauf la grande galerie de la façade. La maison Héon fait maintenant partie intégrante du quadrilatère historique de l’Université et elle s’avère un élément de grande fierté pour notre patrimoine ».

Par ailleurs, la maison Gaston-Héon est l’une des rares demeures patrimoniales qui a préservé son patrimoine intérieur, en particulier ses portiques, ses boiseries, son magnifique escalier en bois et ses luminaires.

« Il ne fait pas de doute que tous ces attributs donnent un cachet bien particulier au Département d’histoire, note l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa. Une belle photo de M. Héon trône d’ailleurs dans l’une des pièces du premier étage. Si vous passez devant le bâtiment, n’hésitez pas à entrer afin de découvrir ce riche patrimoine ».

En l’honneur d’un ancien étudiant

Depuis 1998, le 155, rue Séraphine-Marion porte le nom de Maison Gaston-Héon en l’honneur d’un généreux donateur et ancien étudiant de l’Université d’Ottawa.

M. Héon entreprend des études en médecine à l’Université dans les années 60, mais faute d’argent, il est contraint de les abandonner. Il devient alors administrateur de résidences pour personnes âgées, dans le nord de l’Ontario, et un homme d’affaires prospère. En 1991, il revient à l’Université d’Ottawa pour obtenir un baccalauréat avec spécialisation en histoire. Malheureusement, M. Héon meurt subitement d’une crise cardiaque en 1993, sans avoir pu compléter ses études.

Reconnaissant à l’égard de l’Université, il laisse deux millions de dollars à son alma mater, ce qui constitue le plus important don d’un individu à l’époque.

« Une petite partie du don sert à restaurer le bâtiment centenaire situé à l’angle de la rue Séraphin-Marion et de la rue Cumberland ; l’autre partie va pour des bourses aux étudiants », précise M. Prévost.

En guise de reconnaissance, le Sénat lui décerne à titre posthume un Baccalauréat avec spécialisation en histoire. De plus, le bâtiment du Département d’histoire est baptisé en son nom. Une plaque commémorative sur la façade rappelle, aujourd’hui, l’histoire de la maison et la contribution exceptionnelle de M. Héon à l’institution.

L'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost, rappelle qu'il offre des visites guidées du quadrilatère historique de l’Université pour les groupes de 10 personnes et plus.

Pour réserver une visite, composez le 613-562-5825 ou envoyez un courriel à michel.prevost@uottawa.ca.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Suzanne Bray
    - 30 Mars 2012 à 08:27:19

    Quelle belle articles Michel. Merci de me l'avoir partager.

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