De son véritable nom, Pascal Olivier Ouandji (son nom de scène vient d’ailleurs de ces initiales, OPO) est né au Cameroun. Ce sont les études qui l’ont amené à s’installer au Canada, plus précisément à Ottawa, en 2000. Le jeune homme de 25 ans a d’ailleurs une formation en journalisme de l’Université d’Ottawa ainsi que de La Cité collégiale.
Au dire de ces anciens collèges de classe, ce dernier était plutôt de nature discrète, rien qui ne laisse entrevoir une carrière sur les planches. «Disons que j’ai deux personnalités, reconnaît-il. Je me dis que les gens ont payé pour voir un spectacle alors, quand je suis sur scène, autant leur en donner pour leur argent!»
C’est en 1998 que Hopiho a entrepris l’écrire de ses premiers textes. «Je faisais ça comme un passe-temps, je ne prenais pas ça vraiment au sérieux. C’était juste pour rigoler», avoue-t-il aujourd’hui.
Pourtant, avec les années, ce simple «passe-temps» a pris de plus en plus d’importance pour le jeune homme. «J’ai commencé à faire les choses sérieusement vers 2003-2004. Les gens commençaient à me dire que j’avais du potentiel et que j’aurais peut-être intérêt à l’exploiter», raconte Hopiho en ajoutant que depuis, il franchit tranquillement, mais sûrement toutes les étapes vers la consécration qu’il souhaite. Malgré tout, le tout reste un «loisir» pour celui qui compte mener sa carrière de journalisme de front. «Je ne mets pas tous mes œufs dans le même panier.»
Ce dernier décrit son style comme positif. «Lorsqu’on écoute les rappeurs américains, ils disent plein de choses qui ne sont pas très très positives alors moi j’essaie justement de me distancer de ce mouvement. Le rap, c’est une musique que les jeunes écoutent et ceux-ci peuvent être très influençables donc je ne peux pas avoir une mauvaise influence sur les jeunes», affirme-t-il.
La compétition de rappeurs établis comme ZPN et R-Léo ne lui font pas peur et il croit d’ailleurs qu’il y a encore de la place pour de nouveaux joueurs sur la scène hip-hop franco-ontarienne. «Je pense que le public veut ce son», confirme-t-il en reconnaissant que le marché restreint de l’Ontario français obligeait les rappeurs à étendre leur horizon vers d’autres marchés tels le marché montréalais. Un marché très difficile à percer. «Le problème à Montréal, c’est qu’il y a beaucoup de concurrence. Il y a beaucoup de spectacles. Et les gens ne sont pas très motivés. Pourquoi un mec viendrait voir ton spectacle, celui d’un artiste local, s’il peut aller voir un spectacle de Madonna dans la même semaine», explique Hopiho qui ne baisse pas les bras et trace son propre chemin.
Hopiho : le petit nouveau de la scène hip-hop franco-ontarienne
Dans le cadre du Mois de l’histoire de noirs, les Vendredis de la chanson francophone, organisés en partenariat avec l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) et la Quatrième salle du Centre national des arts (CNA), présentaient un spectacle mettant en vedette trois rappeurs franco-ontariens soit ZPN, R-Léo et, le dernier venu sur la scène hip-hop, Hopiho.
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