L’année 2009 a bien mal commencé pour les usagers du transport en commun de la région de la capitale nationale. La Ville d’Ottawa et le Syndicat uni des transports, représentant 2300 chauffeurs, répartiteurs et employés de soutien d’OC Transpo, ont été incapables d’en arriver à une entente avant la nouvelle année.
C’est le 10 décembre 2008 qu’a débuté la grève des employés d’OC Transpo. Le principal point en litige entre les deux parties a été, tout au long du conflit, la question de la gestion des horaires de travail.
Après avoir paralysé les déplacements des résidents pendant toute la période d’avant les Fêtes, la ministre fédérale du Travail, Rona Ambrose, répond à l’appel du maire d’Ottawa, le 2 janvier. Larry O’Brien lui demandait de s’interposer dans le conflit de travail qui oppose la Ville au Syndicat uni du transport.
Mme Ambrose somme ainsi les dirigeants du syndicat de soumettre la dernière offre présentée par la Ville aux membres avant le 9 janvier.
Le 8 janvier, les syndiqués rejettent massivement l’offre d’Ottawa. Quelque 2033 des 2353 employés en grève ont voté à 74,6% contre la proposition de la Ville. De son côté, la municipalité estime que l’offre a été rejetée à 64%.
La Ville étudie alors la possibilité d'ouvrir l'accès au Transitway aux automobilistes pour faciliter la circulation qui est de plus en plus pénible, notamment au centre-ville.
Pendant ce temps, des alternatives au transport en commun s’organisent. Les quatre établissements d'enseignement postsecondaire d’Ottawa unissent leurs efforts afin d'assurer le transport des étudiants. La Cité collégiale, le Collège Algonquin, l’Université Carleton et l’Université d’Ottawa conviennent de relier leurs services de navettes.
Le 14 janvier, alors que les employés d’OC Transpo entament une 37e journée de grève, le président de la section 279 du Syndicat uni des transports, André Cornellier, invite les chauffeurs, répartiteurs et employés d’entretien à démontrer leur mécontentement sur un site Web.
La veille, un médiateur fédéral avait été rencontré séparément par les parties, sans résultat. Les négociations sont toujours rompues, et rien ne semble laisser croire à une résolution du conflit.
Alors que le maire O'Brien est le seul élu porte-parole du conflit, le conseiller Clive Doucet fait fi de cette indication et déclare qu'il estime que l'équipe de négociation doit être remplacée pour venir à bout du conflit.
Le conseiller propose également que le service de transport en commun soit offert gratuitement aux usagers à la suite de la résolution du conflit jusqu'à quasi épuisement des profits que la Ville a réalisés lors de la grève. À la suite de la grève en 1996, qui avait duré 26 jours, le conseil avait adopté des mesures en ce sens.
Le directeur général d'OC Transpo, Alain Mercier, indique que le retour à la normale sera long à la suite de la conclusion de la grève. À son avis, trois mois seraient nécessaires avant la reprise complète du service. Celui-ci demande également au conseil municipal de permettre aux mécaniciens de retourner au travail pour accélérer le processus. Sans ce retour, 500 chauffeurs pourraient être mis à pied temporairement.
Le 21 janvier, Rona Ambrose affirme qu’elle refuse de faire adopter une loi forçant le retour au travail des grévistes. Celle-ci soutient que le conflit doit se régler par voie de négociations. La Ville d'Ottawa ne parvient pas à démontrer qu'OC Transpo est un service essentiel.
Selon le greffier et avocat en chef de la Ville, Rick O'Connor, la grève ne présente pas de risques imminents et graves pour la sécurité ou la santé du public, ce qui est le critère fixé par le gouvernement fédéral.
Le maire Larry O'Brien annonce que les grévistes et OC Transpo ont repris les pourparlers de façon informelle à l'aide de médiateurs fédéraux.
Mais le 27 janvier, les deux parties retournent à la case départ. Les négociations sont à nouveau rompues, le Syndicat souhaitant régler les principaux points en litige par l'entremise d'un arbitre dont les décisions seraient exécutoires. La Ville refuse cette offre présentée pour la première fois deux semaines plus tôt.
Devant l’échec des négociations, Rona Ambrose se rétracte et indique qu’elle est dans l’obligation d'agir dans le conflit de travail. Elle se dit prête à déposer un projet de loi forçant le retour au travail des grévistes avec l'appui des partis d'opposition.
Celle-ci maintient que la grève assez duré et qu'elle touche les personnes les plus vulnérables de la ville. Le député libéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, intervient aussi et demande un débat d'urgence sur le conflit, le 29 janvier.
Devant ces nouveaux développements, les deux partis s’entendent, la journée même, pour remettre dans les mains d’un arbitre toutes les questions encore en litige. La grève prend fin après 51 jours.
Des autobus d’OC Transpo sont de retour sur les routes dès le 9 février, mais on s’attend à un retour complet du service seulement deux mois plus tard.
C’est que tous les véhicules, inutilisés depuis près de deux mois, doivent être inspectés avant de reprendre la route.
Des mesures incitatives sont adoptées par la Ville afin d’amener les résidents à utiliser le transport en commun.