Alors que la Ville d’Ottawa s’apprête à entrer dans l’ère moderne, avec la construction de son système de train léger, le directeur général des Services du transport en commun, Alain Mercier, vient de ramener la municipalité de deux pas en arrière, en annonçant l’augmentation de la taille de la flotte d’autobus à OC Transpo.
Devant le comité du transport en commun, lundi, M. Mercier a déclaré que la Ville procédera à l’achat de 630 nouveaux véhicules d’ici les dix prochaines années, faisant passer le parc automobile d’OC Transpo de 1046 à 1217, si l’on considère les autobus qui seront remplacés.
Des dépenses totales de 737 millions $, lit-on dans son rapport. Un montant s’ajoutant aux 2,8 milliards $ nécessaires pour la construction du système de train léger entre les stations Blair et Tunney’s Pasture, qui devrait rouler pour la première fois en 2017.
Toutes les grandes villes du monde l’ont déjà compris, mais pour une raison inconnue, il semble que M. Mercier et ses fonctionnaires ne soient pas encore au courant : l’avenir du transport en commun ne passe pas nécessairement par l’autobus.
Il faudra quelqu’un à la Ville d’Ottawa pour penser en dehors des normes, suggérer de nouvelles pistes, vérifier ce qui se fait ailleurs et qui pourrait s’appliquer chez nous. Les autobus utilisés sont-ils les meilleurs pour Ottawa? Les distances effectuées par les véhicules pourraient-elles être modifiées, afin d’allonger la durée de vie des autobus de quelques années? Mais, par-dessus tout, pouvons-nous commencer à trouver d’autres alternatives à l’autobus, un moyen de transport polluant et qui coûte cher d’entretien.
La réponse est oui, et elle est juste là, sous notre nez : le train.
Le O-Train est utilisé quotidiennement par plus ou moins 10 000 usagers. Avec un peu de recherche et de développement, il est clair que le train pourrait accommoder plus de voyageurs. C’est un mode de transport efficace, non polluant, capable de transporter de grandes quantités de passagers, et qui pourrait compléter à merveille le train léger du centre-ville et les parcours existants d’autobus.
Sans avoir à instaurer un système continu de train comme il en existe en Europe, une amélioration du service aux heures de pointes aiderait certainement à retirer plusieurs véhicules automobiles de la route. Qui plus est, en construisant d’autres rails ou en utilisant ceux déjà en place, il est presque certain qu’on attirerait une clientèle qui, possiblement, utilise l’autobus. Le train est beaucoup plus attrayant que l’autobus pour les voyageurs, puisque qu’il est pratiquement toujours à l’heure, il n’est jamais pris dans les embouteillages à 32 degrés Celcius l’été, et il est, soyons honnêtes, bien plus confortable.
Autre option envisageable : pourquoi ne pas utiliser le pont traversant l’île Lemieux avec le O-Train? De cette façon, peut-être serait-il possible de retirer un peu de pression des ponts surchargés aux heures de pointe. Plusieurs travailleurs, j’en suis convaincu, seraient heureux de pouvoir relaxer en traversant la rivière des Outaouais, plutôt que d’être pris au milieu de la congestion automobile.
Le O-Train a été lancé en 2001 comme projet-pilote. On se targuait à l’époque d’avoir le premier service de train passager à opérateur unique en Amérique du Nord. Pourquoi n’avons-nous pas continué dans cette voie? Pourquoi s’être arrêté là?
Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir et utiliser le train à son plein potentiel.