Anaïs Robert ne le cache pas, elle ne veut pas nécessairement faire une carrière professionnelle de soccer plus tard. Si elle préférerait être médecin, l’élève de 11e année de l’École secondaire publique Louis-Riel souhaite toutefois poursuivre sa passion au niveau universitaire.
« Je fais du soccer depuis que j’ai trois ans. J’aime vraiment ça parce que c’est un jeu d’équipe ».
Cette remarque confirme l’analyse faite par Joé Fournier, entraîneur-enseignant au programme Sports-Études volet soccer de Louis-Riel qui explique l’engouement souvent plus fort chez les filles que chez les garçons au Canada.
« Dans le programme, j’ai un peu plus de garçons, mais beaucoup d’entre eux abandonnent ensuite car ils veulent avoir une carrière professionnelle et suivre les traces de Messi et de Ronaldo. Quand ils n’y parviennent pas, la déception leur fait laisser tomber le soccer. Les filles pratiquent davantage ce sport pour son aspect social et continuent donc ensuite ».
Quarante-cinq d’entre elles, de la 8e à la 11e année, ont fait le déplacement à Louis Riel pour participer à la vitrine nord-américaine de soccer féminin qui leur ouvrira, peut-être, les portes de l’Université de Columbia, de celle de Princeton ou des institutions canadiennes comme McGill ou l’Université d’Ottawa, qui ont dépêché des émissaires pour observer les jeunes joueuses.
« Un évènement comme celui-ci leur donne l’occasion de se faire voir car c’est comme ça qu’elles pourront poursuivre leur carrière », explique M. Fournier.
Élève de 10e année, Christine Rebus participe pour la deuxième fois à cet évènement. Joueuse du FC Capital United soccer club, comme Anaïs Robert, elle souhaiterait suivre les traces de Christine Sinclair, la joueuse internationale canadienne.
« Je joue milieu offensif. J’aime déjouer mes adversaires sur le terrain. Un évènement comme aujourd’hui me donne l’opportunité de me faire voir par des universités américaines et peut-être obtenir une bourse pour continuer le soccer ».
Se faire remarquer
Après les tests physiques le matin, les participantes devaient s’affronter lors de petits matchs pour démontrer leurs habiletés. Elles ont également pu assister à des présentations données par des experts du domaine, notamment sur « Comment fonctionne le système universitaire canadien ? », « L’histoire de succès d’une joueuse locale qui n’était pas la plus talentueuse » ou encore « Ce dont on a besoin pour être une joueuse élite ? ».
Alors qu’Ottawa accueillera la Coupe du monde de soccer féminin en 2015, l’engouement des filles pour le soccer pourrait en être décuplé.
« Le soccer féminin est déjà très fort en Amérique du nord car nous sommes plus en avance en termes de structures. De plus, les filles sont très compétitives et prêtes à se battre sur le terrain. Le soccer féminin canadien a longtemps été très physique, jouant sur l’impact. C’est de moins en moins vrai, mais ça explique les bons résultats des équipes canadienne et américaine au niveau international », analyse M. Fournier.
Intéressées à détecter les jeunes talents de plus en plus tôt, les universités comme les équipes professionnelles participantes, telles l’Association canadienne de soccer ou Ottawa Fury, ont demandé à l’École secondaire publique Louis Riel et à son partenaire, Parmar Sports Training, de faire venir des joueuses de 8e et 9e année.
« Cela permet de les voir dès le plus jeune âge et de suivre leur progression. Souvent, celles qui vont percer ne sont pas les plus talentueuses, mais celles qui réussissent à se faire voir. Nous essayons de leur apprendre ça également ».

