« J'adore ça », dit-elle d'un sport qu'elle n'avait jamais eu la chance de pratiquer auparavant. « Quand j'étais plus jeune, il n'était pas possible pour les filles de jouer au hockey. Il ne nous restait que la ringuette ».
C'est donc ce qu'elle a fait. Depuis 36 ans, la jeune femme pratique la ringuette. Et, il y a cinq ans, elle a finalement pu rejoindre le monde du hockey.
En discutant avec quelques-uns des joueurs de la ligue aux abords de l'aréna, elle a proposé ses services comme gardien remplaçant. Après un vote, la ligue a décidé de lui laisser sa chance, et Nathalie Bertrand n' pas laissé passer l'occasion.
Aujourd'hui, elle explique tellement aimer le hockey qu'elle réfléchit même à abandonner totalement la ringuette. Mais selon elle, cette décision serait un véritable crève-cœur pour sa mère.
« Elle a assisté à tous les matchs que j'ai disputés pendant 36 ans. Et puis, une maman n'aime pas trop voir sa petite fille jouer à un sport aussi violent dans une ligue d'hommes ».
Si le hockey avait été mis à sa disposition quand elle était plus jeune, elle reste toutefois persuadée qu'elle aurait su convaincre sa mère de la laisser jouer.
Une femme remarquable
Désormais, elle s'est familiarisée avec un sport plus rapide et à des règles bien différentes. Il lui a donc fallu s'adapter.
« En ringuette, il y a une distance limite que tu ne peux pas franchir. En 30 années de jeu, je n'ai jamais été touchée. Mais tout d'un coup, j'ai eu des bâtons dans le visage, des gens juste derrière moi… Il m'a fallu un peu de temps pour m'ajuster ».
Mme Bertrand raconte que les gars de son équipe ont su fait preuve de patience et surtout, qu'ils l'ont rapidement traitée comme l'un des leurs.
« Je n'ai jamais entendu un commentaire grossier, dit-elle. Pas une seule fois ! ».
En fait, un de ses partenaires loue la ténacité de la gardienne.
« C'est une femme remarquable », déclare son coéquipier, Bob Haynes.
Même si la ligue interdit les slapshots, Mme Bertrand dit en avoir expérimentés. Elle s'en souvient encore.
« Mais une fois que tu a reçu quelques rondelles dans le casque, tu t'habitues, dit-elle. Ça ne fait pas mal ».
L'équipe de Mme Bertrand, les Black Hawks, pointe en avant-dernière position actuellement. Cependant, elle reste optimiste, expliquant que chaque partie ne tient qu'à un ou deux buts près et qu'elle tient bien sa place dans les cages.
« Comme n'importe quelle athlète, quelque soit le sport, une fois que je suis dans mon match, ça n'a pas d'importance contre qui je joue ».
Une seule différence demeure toutefois, c'est qu'avant comme après la partie, elle se change toute seule de son côté.
« Parfois, j'ai du mal à me souvenir des noms des gars, car je ne traîne pas dans leurs vestiaires, plaisante-t-elle. Mais ils s'arrangent toujours pour que je ne me sente pas exclue ».

