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La culture francophone d’Ottawa bien en vie

Drapeau franco-ontarien

Drapeau franco-ontarien

Publié le 19 Août 2012
Publié le 19 Août 2012
Julien Paquette  RSS Feed

Conserver les acquis des francophones est un combat de tous les instants. Si on ajoute à cela les récentes coupures du gouvernement fédéral, la question se pose: est-ce que les artistes francophones d’Ottawa vivent bien de leur art? Sont-ils en mesure de faire leur place?

Sujets :
Centre national des Arts , Regroupement , Association des professionnels , Ottawa , Montréal , Ontario

En général, «ça va assez bien», selon Catherine Voyer-Léger, directrice générale du Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF). Une position qui est partagée par les autres personnes du milieu artistique jointes par L’Express d’Ottawa. Malgré tout, certaines inquiétudes demeurent présentes.

Les récentes coupures dans les budgets fédéral et provincial font cependant mal aux organisations qui font la promotion de la culture francophone. Nathalie Bernardin, directrice générale de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), est plutôt pessimiste. Elle ne croit pas que les services et l’aide offerts aux artistes pourront être préservés. «On est dans une ère fragile, explique Mme Bernardin. Au fédéral et au provincial, on a des gouvernements qui prennent des décisions qui ont des impacts assez sévères sur le domaine des arts.»

Autres difficultés pour le milieu

Sylvain Lavoie, agent de communication pour le Centre national des Arts (CNA), constate une baisse des assistances pour les différents spectacles du CNA. Une tendance que l’on retrouve «un peu partout, même à Montréal», selon M. Lavoie. Les artistes et les organisations qui font leur promotion doivent trouver des moyens de promouvoir leurs produits.

Au théâtre, par exemple, il faut se battre avec le cinéma et son instantanéité. Sylvain Lavoie considère que les horaires chargés des gens rendent la planification à l’avance difficile. «C’est beaucoup plus facile d’aller au cinéma ou de louer un film, il y en a tout le temps, dit M. Lavoie. Le théâtre, ce n’est pas toujours possible, c’est le côté éphémère de la chose qui nous nuit.»

Mme Voyer-Léger ajoute qu’il est difficile de rejoindre le public visé. «Le marché franco-ontarien est fragmenté et difficile à rejoindre. Les gens consultent peu les médias francophones.» Nathalie Bernardin ajoute que l’offre artistique est en augmentation, le public est déchiré. «Les publics sont de plus en plus petits, mais de plus en plus engagés», ajoute la directrice générale de l’APCM.

Du positif malgré tout

Sylvain Lavoie considère que malgré les coupures, la qualité de l’offre au CNA sera la même. «Pour le spectateur, l’expérience reste la même.» De son côté, Catherine Voyer-Léger nous apprend que la vente de livres moyenne pour les écrivains franco-ontariens est comparable à ce qui se fait au Québec. «Il ne faut pas oublier d’où on vient, c’est important de se rappeler que ça ne fait que 35 ans qu’il y a des maisons d’édition francophones à Ottawa.»

Marie-Ève Chassé, présidente de l’Alliance culturelle de l’Ontario et directrice général de Théâtre Action est enthousiaste pour la culture francophone en Ontario. Elle mise beaucoup sur certaines améliorations comme les rénovations à la Nouvelle Scène. «Ce sera un lieu de création artistique, affirme Mme Chassé, les artistes auront une meilleure salle de répétition.»

Elle considère également que le théâtre francophone d’Ottawa est «très dynamique». Malgré les difficultés au niveau du financement, elle croit que la scène francophone parvient à créer sa place. «Le théâtre est très lié aux autres secteurs d’activité culturelle. Il était là en premier et a toujours semer des graines pour les autres secteurs, croit Marie-Ève Chassé, il a toujours été un précurseur, un témoin et un initiateur.»

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