Le tremblement de terre de 2010, Nathalie Sirois s’en souvient comme si c’était hier.
« J’étais vraiment triste. Je me disais que le sort s’acharnait vraiment sur Haïti. Ensuite, j’ai vu arriver plusieurs élèves dans nos écoles. Je me souviens d’un petit garçon qui se tenait toujours à l’écart des autres. Nous pensions qu’il était peu sociable, en fait, en parlant avec lui, je me suis rendue compte qu’il gardait les autres élèves à distance pour ne pas créer de liens d’amitié. Beaucoup de ses amis étaient morts dans le séisme, il ne voulait plus revivre ça ».
Marquée par la catastrophe vécue par le peuple haïtien, Mme Sirois n’a donc pas manqué de saisir l’occasion de proposer son aide quand l’opportunité s’est présentée.
« Quand j’ai vu qu’ils cherchaient du monde, j’ai sauté sur l’occasion. Ça fait plusieurs années que je m’intéresse à Haïti. J’ai des amis qui viennent de là-bas, j’ai eu plusieurs élèves originaires de ce pays. Je voulais vraiment donner un coup de main à celles et ceux qui travaillent à rebâtir Haïti ».
Ancienne enseignante, notamment à l’école catholique Samuel Genest et à Vision Jeunesse, Mme Sirois est persuadée que la reconstruction d’Haïti passera par l’éducation.
« Haïti a un potentiel et des ressources immenses pour lui permettre de se rebâtir. Mais il y a des défis. Beaucoup d’infrastructures ont été détruites et il y a eu également beaucoup de morts. Nous voulons essayer, humblement, d’aider à reconstruire une cohorte d’enseignants capable de former la jeunesse et de lui redonner espoir ».
Être pertinentQuelque 50 enseignants haïtiens étaient attendus pour participer aux formations proposées dans le cadre du projet Groupe de travail en appui à Haïti (GTAH). Finalement, l’enthousiasme est tel, qu’ils seront plus de 200 à venir recueillir les conseils de leurs homologues canadiens.
« Nous avons une semaine de session de travail à Toronto, avant de partir, pour coordonner notre approche et déterminer sur quoi nous allons travailler. Nous voulons nous baser sur le programme scolaire haïtien pour être pertinent et coller à leur réalité. En Ontario, nous revoyons nos pratiques régulièrement, en tenant compte des nouvelles données scientifiques, des avancées pédagogiques en éducation. Nous voulons leur faire profiter de ce que nous avons appris. En tant qu’enseignante en affectation spéciale pour le programme d’appui aux nouveaux arrivants, je pense que j’ai également beaucoup à apprendre de cette expérience et qu’elle me servira ici quand je reviendrai ».
À la veille de son premier voyage en Haïti, Mme Sirois dit avoir des papillons dans le ventre. Elle sait toutefois ce qui l’attend là-bas, s’appuyant sur son expérience du Liban où elle s’est rendue à la fin des années 90, en pleine période de tensions.
« Le Liban a été une expérience charnière qui m’a ouvert les yeux. Ça m’a aussi encouragé à faire du bénévolat. Depuis plusieurs années, je travaille sur un programme de formation pour les enseignants sur l’éducation au génocide, afin de les aider à aborder ces sujets avec leurs élèves. J’ai hâte de partir en Haïti et actuellement, je réfléchis beaucoup au moyen d’être le plus pertinent possible, d’avoir la meilleure stratégie pour que notre projet leur apporte quelque chose de concret ».
Les personnes intéressées à soutenir le GTAH peuvent communiquer avec Nathalie Ladouceur au 613-678-8909 ou à nathalieladouceur@gmail.com ou avec Alexandre Beaudin au 416-325-2372 ou à alexandre.beaudin@ontario.ca.

