Jeudi dernier, la dernière cohorte de huit étudiants engagés dans ce programme national a tiré sa révérence auprès des nombreux organismes et membres de la communauté de Vanier avec lesquels Katimavik a travaillé.
Après 35 ans d’existence, l’organisme fondé par le sénateur Jacques Hébert, qui proposait aux jeunes canadiens de 16 à 21 ans des programmes intensifs d’apprentissage par le service volontaire, en travaillant à temps plein pour des organismes sans but lucratif, a été informé, en mars dernier, de la décision du gouvernement fédéral de mettre un terme à son financement. L’organisme revendique plus de 30 000 jeunes Canadiens ayant participé à ses programmes à travers le pays.
À Ottawa, Katimavik était présent dans le centre-ville et dans le quartier de Vanier. La semaine dernière, les deux groupes ont mis la clé sous la porte avec « tristesse et joie », comme l’ont exprimé leurs responsables.
À Vanier, quelque 120 jeunes de partout au Canada ont défilé lors des quatre dernières années, permettant la création de 18 partenariats avec des organismes communautaires, comme le Muséoparc Vanier, le Centre des services communautaires Vanier ou encore, le Centre Pauline-Charron. Le groupe a également appuyé le Jardin communautaire Vanier, qui offre aux résidents un espace pour jardiner et fournit de la nourriture à la Banque Alimentaire Partage Vanier.
Venue des Laurentides, Joanie Tremblay-Flamand, 19 ans, explique les raisons qui l’ont conduite à s’engager.
« Une de mes sœurs avait déjà fait le programme. Quand j’ai fini mon Cégep, je ne savais pas quoi faire alors j’ai décidé de m’inscrire. Cette expérience m’a beaucoup appris, ça m’a donné confiance en moi et m’a permis de savoir quels étaient mes buts dans la vie. J’ai fait des rencontres très inspirantes que je n’aurais jamais imaginées ».
Un échange gagnant-gagnant
Au quotidien, elle a ainsi pu côtoyer pendant six mois des jeunes de son âge venus de Toronto, de Winnipeg et d’ailleurs au Canada. Des jeunes venus parfaire leur français ou découvrir une autre facette culturelle de leur pays. Les trois premiers mois, le groupe était au Yukon. Les trois mois suivants, il a découvert la capitale nationale.
« Je viens d’une famille à faibles revenus, je n’aurais donc jamais imaginé pouvoir voyager si loin. Cette expérience m’a permis de le faire, mais aussi de me sentir utile en apportant mon aide dans les communautés », explique Maryne Boudreault, 20 ans, de Montréal.
L’agente de projet à Vanier, Sophie Maranda insiste sur l’apport positif de Katimavik pour ces jeunes.
« Ce programme a contribué à leur développement personnel et professionnel, en même temps qu’il leur a permis de se rendre compte qu’ils pouvaient faire la différence en s’engageant dans leur communauté ».
Présent pour leur dire au revoir, le conseiller Mathieu Fleury a remercié ces jeunes qui se sont investis dans le quartier.
« Les jeunes qui sont venus travailler à Vanier ont beaucoup donné à la communauté et je pense qu’ils ont également beaucoup appris au contact de nos organismes. Leur travail à temps plein représentait une aide bénévole significative et il va falloir désormais trouver d’autres moyens pour les remplacer. Je veux leur dire sincèrement un grand merci pour tout ce qu’ils ont fait ».

