D'après les statistiques données par Ronald Bisson, spécialiste des minorités linguistiques et consultant en gestion auprès des organismes provinciaux et nationaux, 86 % des jeunes des minorités francophones d'Ottawa utilisent leur langue maternelle, le français, avant l'anglais. Ces chiffres grimpent jusqu'à 89 % en Saskatchewan et 90 %, au Manitoba.
«Ces chiffres ne sont certainement pas le hasard, mais bien le résultat d'une planification communautaire réussie, explique M. Bisson. Il y a beaucoup de développement pour la cause des minorités francophones depuis 40 ans et on voit que ça marche.»
Les plans de développement globaux (PDG) et les plans communautaires sont de plus en plus utilisés grâce leur grand succès par les années passées. Plusieurs organismes, entreprises et communautés qui défendent les droits des minorités francophones, ont recours à ce genre d'outil pour se prendre en charge.
«Les plans de développement globaux ont grandement contribué à l'amélioration du cadre des politiques publiques. Nous devons évaluer les PDG en fonction de leur influence sur la politique publique et moins en fonction de leur influence sur des initiatives locales», indique M. Bisson.
Selon le spécialiste des minorités linguistiques, les communautés minoritaires francophones ou anglophones doivent changer de paradigme. «Depuis 1968, on planifie pour combler des déficits. Si la majorité a quelque chose, la minorité va s'arranger pour l'avoir.»
Selon M. Bisson, pour de meilleurs résultats avec les PDG, les communautés majoritaires et minoritaires doivent travailler ensemble avec une approche collective. Il s'agit d'un changement de mentalité..
«Des planifications fondées sur la dualité linguistique canadienne contribuent à l'épanouissement du Canada entier.»
Plusieurs PDG ont réussi au Canada au cours des dernières années. Fondé en 1995 à l'île du Prince-Édouard, le Collège de l'Acadie a vu 141 femmes et 34 hommes recevoir un diplôme jusqu'en 2006. De 1991 à 2006, les femmes francophones de la région d'Évangéline ont vu leur salaire doubler. De 2003 à 2008, 1908 emplois en français ou bilingues ont été crées dans l'Ouest canadien.
Pour M. Bisson, la situation des minorités francophones ne serait pas là où elle est aujourd'hui sans l'application de la loi sur les langues officielles (LLO) et l'instauration de la Charte canadienne des droits et libertés.
«Ces deux choses sont certainement les clés de voûte de la situation des francophones», déclare-t-il.
Le 17 avril 1982, suite à la Loi constitutionnelle de 1982, on appliquait la Charte canadienne des droits et libertés. À partir de ce moment, les francophones en situation minoritaire ont obtenu plusieurs droits en tant que citoyens canadiens, tout comme les minorités anglophones du Québec.
A cet effet, l'article 23 de la Charte garantit aux minorités linguistiques officielles le droit de recevoir l'instruction dans leur langue et l'article 16(3) encourage les législatures provinciales à favoriser la progression vers l'égalité de statut ou d'usage du français et de l'anglais.
Selon les données du recensement de 2006, 66 % des francophones hors Québec utilisent le français au travail et 2,5 % de manière quotidienne à la maison.




