Pour qu’une communauté puisse exister, elle doit être visible. Elle doit se voir à l’œuvre pour montrer à ses propres membres et au monde entier qui elle est et ce dont elle est capable.
Si elle est invisible, cette communauté n’existe pas vraiment dans les faits. Elle n’existe que théoriquement, dans le discours des gens. Et graduellement, ses membres s’assimilent à ce qu’ils voient autour d’eux. C’est une réaction naturelle. Le jour vient sournoisement où ils ont oublié qui ils étaient et la communauté s’éteint.
Or, la mort d’un peuple est une injustice flagrante contre l’humanité. Et je suis certaine que vous serez d’accord avec moi pour dire que la mort de la francophonie ontarienne dans toute la richesse de sa pluralité, serait une injustice flagrante contre la société canadienne.
C’est à cause de cette invisibilité dans le quotidien que trop de francophones de l’Ontario s’assimilent.
Regardons le monde dans lequel nous vivons. C’est un monde de communication et c’est de plus en plus à travers les technologies des communications que les gens se rencontrent et se voient à l’œuvre. Les médias, et j’inclus ici l’Internet, ont remplacé les rencontres de cuisine et le perron de l’église.
Étant journaliste, c’est sur le web que je fais ma recherche, et je peux vous confirmer qu’un groupe qui n’a pas son site Internet, c’est tout comme s’il n’existait pas. Avec Facebook et Twitter, il est possible aujourd’hui de savoir ce que font nos amis à la minute près. On peut savoir ce qui se passe à l’autre bout du monde au fur et à mesure que les événements se déroulent. Nous sommes, en effet, devenus un village global.
Mais, nous connaissons tous le principe voulant que, pour faire de ce monde un monde meilleur, nous devons agir localement. Alors que nous sommes réunis par les médias, il est plutôt difficile d’agir localement quand les grands médias ne nous présentent que des nouvelles d’ailleurs. C’est de plus en plus la tendance compte tenu des ressources qui diminuent.
Or, le rôle des médias locaux devient crucial pour tous. Et pour les francophones, il revêt une double importance. Les médias locaux leur permettent de se voir à l’oeuvre pour savoir qu’ils existent et deuxièmement, ils sont le véhicule qui leur permet de contribuer au bien-être de leur communauté et de l’humanité.
Dans la région d’Ottawa, les francophones se rencontrent dans leurs journaux communautaires et leur télévision locale. Il est important de signaler que ces médias fonctionnent beaucoup grâce au bénévolat. Et de plus, ils sont de très haute qualité.
Par contre, la radio, qui est la technologie fondamentale des médias, manque toujours aux francophones de la région.
Non pas parce qu’ils n’en veulent pas : ils la réclament depuis des années. Ni parce qu’ils ne peuvent pas la gérer. Au contraire, ils sont des plus organisés. Ayant appris depuis très longtemps à faire plus avec moins, leur engagement bénévole est légendaire. La qualité de leurs structures et de leurs réalisations fait l’envie de tous, et ce, dans tous les milieux. De l’Hôpital Montfort à nos conseils scolaires qui obtiennent les résultats les plus élevés de la province en termes de performance. De notre engagement en économie solidaire et développement durable, en innovation postsecondaire, en création artistique, etc.
Enfin, pour que la communauté francophone puisse continuer d’exister, de se développer et de contribuer au bien-être de l’humanité, elle doit se voir à l’oeuvre non seulement à travers ses institutions, mais aussi à travers les médias, deux choses sont nécessaires :
Premièrement, les membres de cette communauté doivent agir et s’exprimer de manière positive et créative à travers les activités de la société. Ce qu’ils font depuis toujours.
Deuxièmement, les agences et les gouvernements qui sont financés par les fonds publics et qui existent pour le peuple canadien – et pour aucune autre raison – ont l’obligation de doter cette communauté des institutions et des ressources pour s’affirmer dans le cadre de leurs compétences.
Compte tenu de la place essentielle des communications dans notre société, le CRTC a un pouvoir de vie et de mort sur les communautés minoritaires.
La radio communautaire francophone n’est pas un caprice. C’est un maillon essentiel dans la structure médiatique qui nous permet de nous voir à l’œuvre et de dire au monde entier que nous existons.
Une radio communautaire : Un maillon de communication essentiel pour les francophones
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