Ainsi, les élus ont donné leur aval au changement de tracé du train léger, dont la plus importante modification apportée est le réalignement du tunnel qui se situera au nord de la rue Queen et sous la rue Rideau.
Quelques minutes avant le vote, le maire d'Ottawa, Jim Watson, et la présidente de la commission de transport en commun, Diane Deans, ont fait un plaidoyer en faveur du projet.
Les villes ne construisent pas leur système de transport en commun de la banlieue vers le centre-ville, a dit M. Watson. On ne peut pas construire les premier, deuxième et troisième étage sans la fondation. Et c'est ce que nous faisons aujourd'hui."
C'est un maire radieux qui s'est adressé aux médias quelques minutes après ce vote important. Avec une population qui approche le million de personnes, le plus haut magistrat d'Ottawa croit qu'il est temps d'amener le système de transport en commun à un autre niveau, qualifiant le train léger de "plus important projet de l'histoire municipale" à Ottawa.
"Nous aurons un système de transport en commun de classe mondiale", a dit M. Watson.
Selon le maire, le troisième plan sera le bon en partie parce que ce n'est pas uniquement le projet des employés de la Ville, de son bureau ou des conseillers, mais celui d'une équipe.
"Il y a un changement de direction à l'hôtel de ville, a ajouté M. Watson. C'est une raison. Deuxièmement, c'est un projet qui a plus de coordination entre le bureau du maire, le conseil et le personnel de la Ville d'Ottawa."
"J'ai toujours été en faveur d'un tunnel qui passe d'est en ouest, a rappelé le conseiller du quartier Innes, Rainer Bloess. Il y a des changements, mais des changements positifs qui vont rendre le système plus efficace et plus abordable."
Haydon se donne en spectacle
Quinze délégations, dont trois comités consultatifs de la Ville, ont fait valoir leur point de vue avant le vote, donnant généralement des commentaires positifs sur le projet.
Parmi ceux qui se sont exprimés contre le projet, un citoyen, Sunny James, l'a dénoncé en suggérant que le train léger devrait fonctionner à l'énergie solaire, à l'instar du fameux monorail de l'épisode mythique de la série Les Simpson.
D'autre part, l'ancien maire de Nepean et président du conseil régional Ottawa-Carleton de 1978 à 1991, Andrew Haydon, a continué de dénoncer l'implantation du train léger. Dans une envolée oratoire qui a fait monter la tension à l'hôtel de ville, le père du Transitway a dit croire que les fonctionnaires municipaux ont menti à la population via leur rapport.
"Je vous demanderais de vous excuser auprès de nos employés", a demandé M. Watson à M. Haydon, ce qu'il a refusé de faire. D'ailleurs, le maire d'Ottawa a dû ramener à l'ordre l'ancien maire de Nepean à deux reprises puisqu'il ne respectait pas les règles de procédures dans la salle qui porte son nom.
Selon M. Haydon, tout l'argent devant aller au train léger empêchera la Ville d'améliorer la qualité de son réseau d'autobus, privant ainsi OC Transpo d'investir dans son parc.
"Le conseil municipal n'a jamais entendu la vérité et ne veut pas l'entendre", a dénoncé M. Haydon, avant de se comparer au premier ministre Wiston Churchill qui avait averti les Britanniques contre la montée du nazisme dans les années 30.
Les grandes lignes du plan
Le plan proposé par le bureau d'implantation du train léger d'Ottawa (BITLO) recommande de donner le contrat de construction, de conception, de finance et d'entretien à une seule entreprise dans le cadre d'un partenariat public-privé d'une durée de 15 ans. La Ville exigera également un filet de sécurité de 400 millions $ pour l'exécution du contrat.
Après cette période, la Ville aurait le choix de redonner la gestion du train léger à OC Transpo ou d'aller en appels d'offres pour donner un autre contrat au privé.
En octroyant un seul contrat, la Ville pourra obtenir un prix fixe puisque l'entreprise qui remportera l'appel d'offres sera responsable d'effacer les pertes en cas de dépassement des coûts.
Le réseau comprendra 13 stations et s'étalera sur 12,5 kilomètres entre les stations Pré Tunney et Blair.
Selon le BITLO, les usagers du transport en commun bénéficieront de trois avantages avec l'arrivée du train léger: le temps des trajets sera plus court, un meilleur accès au système ainsi qu'une facilité accrue de se diriger de bâtiments en bâtiments dans le centre-ville.
Selon le plan financier déposé par le BITLO, près de la moitié du coût de construction sera destinée à la construction du tunnel (493 millions $) et à l'achat d'équipements (523 millions $) tels les trains, les signes et la ventilation.

