M. Masson regorge d’histoires entourant chacun de ses timbres et sait transmettre sa passion. Pour lui, sa passion ne repose pas sur les bénéfices monétaires qu’il peut en retirer. C’est pour lui un passe-temps comme pour d’autres qui collectionnent les cartes d’hockey, par exemple.
Parmi ses nombreux timbres – il en possède environ 10 000 – M. Masson compte le premier timbre au monde qui ne représentait pas un monarque ou la royauté, soit nul autre que l’emblème national, le castor, qui a permis d’ouvrir le Canada.
Alors que la plupart des timbres ne valent pratiquement rien, ce qui fait leur valeur est la rareté et non l’ancienneté, selon M. Masson.
À titre d’exemple, un timbre de Noël imprimé en 1898 qui représente l’empire britannique a été vendu 300 000$ en novembre dernier alors qu’un autre représentant la reine Victoria s’est envolé pour la somme de 935 000$ américains dans les années 1980.
«Ce timbre avait été trouvé par un écolier de 12 ans qui l’avait vendu pour quelques dollars, s’exclame M. Masson. Si vous trouvez des timbres bizarres, il faut les garder!», lance-t-il.
Outre la rareté, certaines caractéristiques comme la perforation des timbres peuvent faire monter leur valeur en flèche. Généralement, un timbre est perforé de 12 points et demi par centimètre alors que si le timbre est perforé de 13 points et demi, sa valeur grimpe.
Alors que la plupart des gens tentent de récupérer le timbre seulement, en le retirant de l’enveloppe, certains timbres ont plus de valeur s’ils y demeurent. Deux timbres ensemble peuvent aussi valoir plus cher qu’un seul, par exemple.
Fait intéressant, plusieurs pays ou colonies se sont disputé des territoires par les timbres. En effet, M. Masson possède des timbres de plusieurs nations différentes représentant le même territoire.
Une histoire semblable est aussi arrivée lorsque le Nicaragua et le Panama se disputaient l’obtention du canal reliant les océans Atlantique et Pacifique, qui a finalement été construit à Panama.
Des timbres d’un volcan en éruption au Nicaragua avaient alors été distribués aux politiciens qui ont par la suite voté pour le Panama, alors qu’en fait, le volcan était éteint depuis des millions d’années. L’histoire ne dit pas si l’artiste qui avait illustré le paysage a connu des sanctions.
Pour M. Masson, la philatélie est appelée à rester pour encore longtemps et l’avenir du timbre n’est pas menacé même à l’ère de l’Internet.
«Il y a beaucoup moins de jeunes qu’avant qui s’y intéressent. Dans mon groupe, je suis l’un des plus jeunes. Avec les ordinateurs, les jeunes font autre chose aujourd’hui», croit-t-il.
Celui-ci souhaite toutefois intéresser les jeunes à cette passion. «À force de regarder les timbres, on apprend des choses du point de vue historique. C’est bien plus qu’un timbre, c’est ce qui va avec», conclut-il.

