Vous avez peut-être entendu parler de cette publicité sur les autobus qui circulent dans certaines villes. Cette publicité pour le moins provocante qui dit : «There is probably no god. Now stop worrying and enjoy life.» Ce qui se traduire par : «Il n’y a probablement pas de dieu. Cessez donc de vous en faire et jouissez de la vie.»
L’administration de la Ville d’Ottawa a refusé d’autoriser cette campagne et au moment d’écrire cette chronique, le Conseil de Ville posait des questions à ses administrateurs pour connaître les raisons de ce refus. J’avoue que je me pose les mêmes questions; n’avons-nous plus le droit de parole? Et qui offusquons-nous en affirmant une telle chose? Offusquons-nous Dieu qui est un être d’amour inconditionnel?
Que nous soyons d’accord avec cette publicité ou non, elle nous pousse à s’interroger. Personnellement, je ne la trouve pas choquante. Elle me fait plutôt sourire.
Ce qui me frappe dans ce slogan, ce n’est pas qu’on y affirme que dieu n’existe pas; c’est plutôt qu’on nous dise de jouir de la vie et de cesser de s’inquiéter.
Allez dire ça à la personne dont le conjoint souffre d’Alzheimer.
Allez dire ça aux parents qui viennent d’apprendre que leur enfant souffre du cancer.
Allez dire ça à celui qui, à l’âge de 50 ans, après 30 ans à travailler au même endroit, vient de perdre son emploi.
Allez dire ça aux personnes qui vivent ici mais qui savent que dans leur pays d’origine il pleut des bombes sur leur famille.
Allez dire ça à celui qui vient d’avoir un accident de voiture et qui est cloué à un lit d’hôpital.
Allez dire ça à la personne qui cherche depuis des années à perdre les 50 kilos qu’elle a en trop.
Allez dire ça à la femme qui s’est fait violée.
Comment le fait que Dieu n’existe pas pourrait-il bien les aider à jouir de la vie? Expliquez-moi. Face aux difficultés, on entend souvent les gens dire : Pourtant, je suis une bonne personne. Je prie. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça. Dans ces situations, on a plutôt tendance à blâmer Dieu et à l’accuser pour nos malheurs.
Mais, revenons au dieu de la publicité. Ce dieu dont il est question, je n’y crois pas moi non plus? Je ne crois pas dans un dieu vengeur qui juge et punit ses enfants, qui sème la terreur. Je ne crois pas dans ce dieu qui nous dit de prendre un fusil pour aller tuer notre frère. Je ne crois pas en ce dieu qui se réjouit de nos malheurs et qui veut que nous souffrions.
Si c’est de ce dieu dont parle la publicité, je suis d’accord, il n’existe pas.
Mais pour moi, rien au monde ne me convaincra que Dieu n’existe pas parce que je sais au plus profond de moi-même qu’Il ou Elle est joie toujours nouvelle, paix, amour inconditionnel… Et ce, même dans les plus grandes souffrances.
La condition humaine est notre propre invention. Dieu est à l’extérieur de cette condition humaine et nous invite à partager avec Lui ou Elle ce qui est notre droit inné : celui de vivre pleinement dans ce lieu de bonheur qui est en nous.
