Laurie-Anne est souvent passée à Pour tout l’amour du monde pour nous parler de sa lutte non conventionnelle contre le cancer. C’est comme ça que je l’ai rencontrée et dès les premiers instants, elle m’a touché droit au cœur.
À l’été 2002, alors âgée de 39 ans, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein métastatique de phase 2. Elle est alors opérée au sein gauche. À l’été 2005, le cancer s’est propagé dans ses os et son système lymphatique. Les médecins lui donnent au maximum 18 mois à vivre avec chimiothérapie. Elle refuse la chimio et opte pour un régime strict d’alimentation végétarienne, crue et biologique.
L’activité cancéreuse se stabilise et diminue. Elle se sent bien, remplie d’énergie, optimiste et veut aider les gens atteints du cancer. Elle crée alors une petite entreprise pour nous sensibiliser aux méthodes naturelles complémentaires. Elle dénonce l’industrie alimentaire et pharmaceutique avec preuves à l’appui et démontre les méfaits de certains aliments et médicaments sur notre santé. Laurie-Anne nous secoue, elle dérange par ses idées et par ses décisions, mais c’est intentionnel de sa part.
«Je ne quitterai pas ce monde sans avoir réveillé les gens afin qu’ils soient un peu plus conscients de ce qui se passe autour d’eux», m’avait-elle dit.
Et elle a réussi à en réveiller plus d’un, moi la première. Elle a vécu pleinement les 42 derniers mois de sa vie. Je me souviens de nos nombreux lunches au restaurant. Nous passions des heures à discuter du sens de la vie, de la mort. Ces moments précieux sont parmi mes souvenirs les plus chers.
Laurie-Anne est morte à 46 ans. Elle vécu deux ans de plus que ce que l’on avait prédit. Pour longtemps, elle croyait avoir vaincu le cancer, mais tant de personnes autour d’elle ne voulaient pas qu’elle réussisse que son dynamisme en prît souvent le coup. Parfois, je me demande si lutter contre ces personnes n’était pas plus difficile que de lutter contre son cancer.
Seule, elle élevait ses trois enfants et elle aimait la vie. «Je veux rester pour mes enfants. Je ne peux pas m’imaginer les laisser.» Quand on est une maman, n’est-ce pas là ce qui nous retient le plus dans ce monde?
Laurie-Anne, dis-moi, comment vas-tu? Comment ça se passe de l’autre côté? As-tu peur, es-tu triste, te sens-tu soulagée de ce corps qui te faisait tant souffrir depuis tant d’années? Tes enfants, vas-tu continuer à veiller sur eux?
Toi qui as assumé tant de responsabilités toute seule, toi qui as traversé tant d’épreuves, toi qui n’as pas hésité à sortir du statu quo, as-tu retrouvé des âmes qui te comprennent de l’autre côté? T’ont-elles accueillie dans la gloire que tu mérites? Et Roger ton frère qui t’avait précédée, était-il là pour t’aider à traverser dans l’inconnu?
Toi qui aimais la vie et qui avais toujours un nouveau projet en tête (tu me disais souvent que ta tête était comme une machine de popcorn) avec quelle nouvelle idée vas-tu surprendre les anges?
Toi qui avais une confiance infinie dans le Divin, toi qui avais eu à maintes reprises des rencontres avec l’invisible, je suis certaine que, déjà, tu as pris ta place.
Vas, Laurie-Anne. Ne t’inquiète pas pour tes enfants. Ils sont comme toi… Responsables, remplis d’énergie et d’amour de la vie.
Tu vivras toujours dans leur cœur. Tu vivras toujours dans le mien et dans celui de toutes les personnes que tu as touchées dans ta vie. Ton énergie restera toujours sur le plateau de notre émission.
Merci ma belle amie. Je te souhaite tout l’amour de l’univers. On se revoit… de l’autre coté.
