Seulement quelques jours après l'annonce de cette initiative, déjà près d'une quinzaine d'auteurs ont confirmé leur participation. Totalement libres de leurs écrits tant sur le contenu que sur la forme, ils vont pouvoir laisser glisser leur plume au gré de leurs émotions et de leurs inspirations.
«Tout le monde veut aider. Les auteurs ont cette force et cette qualité de pouvoir écrire et publier, c'est leur manière de contribuer», déclare Jean Malavoy, directeur général de l'AAOF, pour justifier cette initiative dont tous les profits seront remis à la Croix-Rouge, principal organisme d'aide en Haïti.
L'AAOF souhaite que le collectif, dont la sortie est prévue dans le courant du printemps 2010, soit diffusé à l'échelle du Canada ainsi qu'à Haïti.
«On espère que ce livre va rejoindre le cœur des Haïtiens et des gens d'ici. Il ne faut pas oublier ce qui s'est passé», mentionne Lysette Brochu, auteure et instigatrice de ce projet.
«Le livre reste. Il se passe en famille de main en main», poursuit M. Malavoy. «Il faut essayer de capter l'émotion. Les images, on les a vues, alors que le livre est une expérience personnelle», ajoute Mme Brochu.
Outre le témoignage des écrivains, ce collectif devrait également avoir une visée pédagogique puisque son introduction retracera l'histoire d'Haïti, qui selon le directeur général de l'AAOF est mal connue. «Ça serait vraiment bien si le collectif pouvait circuler dans les écoles pour que les jeunes puissent mieux connaitre ce pays.»
Pour l'écrivain d'origine haïtienne Eddy Garnier, cet ouvrage représente bien plus qu'un simple hommage car pour lui, «parler du passé empêche de penser au présent».
Profondément affecté par la perte de sept membres de sa famille, cette place sera un peu son exutoire. Au-delà de la catastrophe, il souhaite avant tout écrire pour éveiller les consciences sur la manière dont les dons internationaux sont gérés. «Je veux pointer du doigt certaines pratiques, essentiellement sur la façon dont Haïti a été traité par des organisations mondiales donatrices. Haïti est un des pays les plus pauvres au monde et donc l'un de celui qui reçoit le plus d'aide. Pourtant, il n'y a presque aucun changement, Haïti manque toujours de tout», souligne l'écrivain haïtien.

