Voulant venir en aide à cette région dévastée et éprouvant aussi un sentiment de culpabilité pour s’en être sauvé, Stéphane MonPremier tente d’aider les Haïtiens à venir se réfugier au Canada. «Je m’en suis sorti indemne alors que de jeunes enfants sont laissés derrière, indique-t-il. Pourquoi ai-je droit à ce futur?» L’aventure de M. MonPremier a débuté le 12 janvier quand il est arrivé à Haïti pour y mettre en place un programme d’immigration avec l’aide de deux oncles. Il était au deuxième étage d’une maison transformée en bureau quand le séisme a frappé. «C’était extrêmement violent», raconte-t-il en ajoutant qu’il a vécu une expérience terrifiante. Le bâtiment dans lequel il se trouvait a résisté au tremblement de terre. Les gens avec qui il se trouvait sont ensuite partis en camion pour tenter de rejoindre d’autres membres de la famille et des amis. Sur leur chemin, ils ont embarqué les blessés pour les conduire à une clinique, après avoir découvert que l’hôpital était en ruines. M. MonPremier se rappelle avoir aperçu une femme âgée de 70 ans couverte de suie et transportée sur une porte par quatre hommes. Compte tenu de l’état des lieux, il a été décidé que ce serait mieux si M. MonPremier quittait pour traverser en République dominicaine, le 13 janvier, et ensuite rentrer chez lui. Même s’il a réussi à partir, il n’arrive pas à oublier les gens laissés derrière et qui ont besoin d’aide. Un de ses objectifs est de réunir les sans-abris ici, au Canada. Les formulaires de demande d’immigration sont envoyés, mais il y a des difficultés pour ceux qui veulent s’établir chez nous. Les Haïtiens qui souhaitent venir doivent soumettre tous les documents usuels incluant les certificats de naissance, les passeports, les rapports sur la santé et les antécédents judiciaires.
Difficile d’obtenir des documents légauxLes difficultés sont encore plus grandes pour obtenir ces documents dans un pays en temps de crise.
M. MonPremier n’est pas certain si les dossiers de police sont numérisés ou bien centralisés, mais avec la station de Port-au-Prince qui est en ruines, il pourrait être difficile d’obtenir des dossiers rapidement. Entretemps, les médecins sont occupés à sauver des vies. Les examens de la santé à un immigrant potentiel ne sont donc pas leur priorité. «C’est important de trouver une solution, car c’est inutile de dire que les portes sont ouvertes», affirme M. MonPremier, en ajoutant que c’est aussi important que le Canada maintienne ses lignes directrices. Les avocats suggèrent notamment d’offrir des visas temporaires spéciaux pour permettre aux gens d’être réunis avec leur famille, qui devront les soutenir financièrement et qui pourront ensuite faire une demande d’immigration à partir du Canada. M. MonPremier a déjà établi un contact avec des avocats en immigration et met en place un réseau qui permettra d’être au courant des derniers développements. Ses oncles sont toujours en Haïti pour coordonner les démarches là-bas. La prochaine étape pourrait être une collecte de fonds pour défrayer les coûts de billets d’avion afin que les gens rejoignent leurs familles au pays. «Je dois essayer. Je sens que le problème est tellement grand que je dois faire quelque chose.» Pour le moment, il encourage tout le monde à faire un don et même d’utiliser leurs compétences pour aider de quelque façon que ce soit. (D’après un texte de Patricia Lonergan

