Les radars photo? Pourquoi pas!



Publié le 28 Mai 2009
Publié le 18 Février 2010
 
Sujets :
Trésor public , France , Québec , Montréal

Il y a une dizaine de jours entraient en fonction des radars photo dans trois régions du Québec, soit Montréal, la Montérégie et Chaudières-Appalaches. Alors que ces appareils ont démontré leur efficacité partout où ils sont utilisés, notamment en France, pourquoi, le gouvernement ontarien ne fait-il pas de même?

Récemment, la France a décidé d'ajouter 2000 appareils aux 2500 qu'elle possède déjà. Selon les statistiques, entre 2001 et 2006, le nombre de décès sur les routes françaises a chuté de 43%, et les radars photo seraient responsables de 75% de la diminution de victimes. C’est énorme.

Bob Rae, l’ancien premier ministre néo-démocrate de l’Ontario et aujourd’hui bras droit de Michael Ignatieff, avait bien tenté d’instaurer un tel système, au début des années 1990. Mais les Conservateurs de Mike Harris avaient fait la promesse électorale de les retirer des routes dès leur arrivée au pouvoir. Ce qu’ils ont fait, quelques mois plus tard.

Ce qui est désolant, c’est de constater que les Conservateurs de l’époque n’avaient utilisé cet argument que pour s’attirer du capital politique – les appareils de radar photo n’étaient en fonction que depuis quelques mois, et leur impact réel n’était pas encore connu. Ce qu’ils visaient vraiment, c’était de faire plaisir à ceux qui s’opposaient à ce système. Ils se fichaient bien des avantages des radars photo.

Quels sont donc les arguments des opposants aux radars photo?

D’abord, l’argument le plus répandu est celui de la «taxe déguisée», soit que les appareils ne sont là que pour engraisser les coffres de l’État, en «piégeant» les automobilistes. C’est faux.

Sachez que les radars photo sont annoncés plusieurs kilomètres à l’avance. C’est comme si on vous indiquait la présence d’un policier sur l’autoroute; auriez-vous le réflexe de ralentir?

Bien entendu, d’aucuns répondront que les automobilistes, une fois le radar photo passé, reprendront leur vitesse de croisière, souvent plus élevée que la limite. Vrai.

Mais le principe derrière ce projet, c’est de cibler les endroits à haut potentiel d’accident. Les radars photo ne sont pas installés n’importe où, et le simple fait de réussir à faire ralentir les conducteurs dans ces zones dangereuses peut contribuer à sauver des vies. À la limite, si les automobilistes utilisaient leur gros bon sens, l’objectif serait que les radars photo ne rapportent pas un sou au gouvernement! Ça voudrait dire que les gens respectent les limites de vitesse, et que les risques d’accidents mortels ou avec blessés graves sont grandement réduits.

Deuxième argument, celui de la contestation. Qui peut prouver que c’est bel et bien moi qui se trouvait derrière le volant du véhicule dont le numéro d’immatriculation a été capté par un radar? Personne. Mais voilà, c’est votre véhicule qui a été pris en flagrant délit, et lorsque vous avez accepté de le prêter, vous avez par le fait même accepté les risques de contravention. Aussi simple que ça.

D’ailleurs, en France, le Trésor public reçoit peu de contestations : seulement trois cas sur cent. En moyenne, environ 20 amendes par jour et par radar, qu'il soit fixe ou mobile, sont expédiées par la poste. Environ 70% du montant des amendes est recouvré.

Enfin, il y a l’argument des policiers, qui disent que rien n’égale un agent et son radar, stationné au milieu de l’autoroute, en attendant sa prochaine prise. Évidemment, ces gendarmes veulent garder leur job. Mais ils ne peuvent certainement pas nier que pendant qu’ils procèdent à leur arrestation, une bonne dizaine de conducteurs ont le temps de se faire épingler par un appareil de radar photo.

On est aussi en droit de se demander, comme payeurs de taxes et, par le fait même, en tant que ceux qui payent leurs salaires, ce qui est le plus avantageux comme choix de société : ajouter une cinquantaine de policiers sur des milliers de kilomètres de route de la province, ou se doter d’un système de radars photo, peu coûteux à entretenir et à opérer, qui assurera une surveillance des points chauds 24 heures par jour, sept jours par semaine? Poser la question, c’est y répondre.

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

L'Express Ottawa n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Publicité