Le film La dernière fugue, adapté du roman de Gil Courtemanche Une belle mort, nous présente la famille Lévesque, réunie pour le réveillon de Noël, mais divisée quant au traitement de leur père, Anatole Lévesque. Certains surveillent le père pour être sûr qu’il ne fasse pas trop d’abus côté bouffe et buvaille, alors que d’autres s’argumentent sur le fait que c’est Noël et qu’il faut bien s’amuser et profiter de la vie.
Jacques Godin interprète avec réalisme et désarroi, ce père de famille, jadis autoritaire, maintenant à la merci de tous à cause du parkinson qui affecte sa motricité, son débit et bien sûr sa qualité de vie. Andrée Lachapelle, dans un jeu nuancé par de petits gestes naturels, est la mère qui s’occupe de son mari, qui l’aime encore après toutes ces années, mais qui est tellement lasse des discussions interminables de ses enfants qui osent même discuter de leur père devant lui, comme s’il n’était pas là!
Le spectateur est happé par l’intrigue qui l’entraîne dans un remous de questions et d’émotions contradictoires – par exemple lorsque Anatole travaille avec l’ergothérapeute – il se sent tellement humilié par sa faiblesse et son impuissance, qu’il en pleure de rage, et ça nous remue forcément…
Dans le roman de Gil Courtemanche, l’histoire était vue à travers les yeux d’André, le fils ainé d’Anatole, alors que dans le film il y a très peu de voix hors champs – ça rend le film plus dynamique. Yves Jacques (André) donne une prestation humaine et touchante d’un fils enclin à combler les désirs de son père, malgré leurs différends passés. La querelle père-fils est illustrée dans quelques flashbacks, sous forme de vieux films de famille genre super 8, très authentiques, captant la lumière, le grain de la pellicule et la couleur d’une époque révolue. C’est inouï comme la jeune mère dans ces séquences ressemble à André Lachapelle, toute en beauté, grâce et joie de vivre!
Le jeune Aliocha Schneider joue Sam, le petit-fils d’Anatole, qui adore son grand-père; il représente la nouvelle génération, l’architecte de la «dernière fugue», où la famille se rend au lac pour une partie de pêche. La fin semi-ouverte nous force presque à choisir notre camp – d’accord ou pas d’accord…
La polémique sur le vieillissement et le suicide assisté est loin d’être résolue, mais cette co-production tournée au Québec, au Luxembourg et en Belgique, co-scénarisée par Gil Courtemanche lui-même et Léa Pool, illustre bien ce dilemme auquel s’identifie toute famille. Ce film est présentement à l’affiche au Cinéma 9 à Gatineau.
La soirée de la remise des Oscars approche – dimanche, le 7 mars! Je trouve que cette année, il n’y a pas de grand film qui se démarque dans la sélection; il y a beaucoup de très bons films, mais le lauréat ne deviendra pas un grand classique. Il faut également savoir au départ que l’Académie n’aime pas accorder les mêmes prix que les Golden Globes, à moins que ça ne soit un incontournable.
Ceci dit, même si Avatar était le film avec les plus importantes retombées économiques, un film visuellement époustouflant, il ne remportera pas l’Oscar; la course pour meilleur film est de plus compliquée par le fait qu’il y a 10 films en lice cette année pour se partager les votes! The Hurt Locker, de Kathryn Bigelow, un petit film très bien réalisé sur le conflit en Irak, sera probablement le gagnant, même s’il n’a pas joué beaucoup dans nos salles – c’est aussi le genre de thème qui plait à l’Académie. L’Oscar de la réalisation irait donc à Kathryn Bigelow (l’ex-femme de James Cameron), la première femme à recevoir un Oscar dans cette catégorie.
Pour meilleur acteur, je pense que Jeff Bridges, dans le film Crazy Heart, le remportera parce que c’était une excellente performance et parce que politiquement, c’est un acteur qu’on voulait remercier depuis longtemps. Pour meilleure actrice, j’aimerais que ce soit encore Meryl Streep, parce que son portrait de Julia Child était extraordinaire – tous les comportements, les tics et même son accent avec les inflexions si particulières étaient justes! Sandra Bullock était très bonne dans The Blind Side, et avec son personnage, une Américaine tellement généreuse et positive envers un jeune noir démuni mais talentueux, c’est définitivement le genre de conte de fée que l’Académie affectionne, surtout sous la nouvelle présidence de Barack Obama.
Pour le meilleur acteur de soutien, c’est clair – Christoph Waltz était extraordinaire dans Inglorious Basterds de Tarantino. De même, Mo’nique dans <
En conclusion, l’Académie accordera probablement des Oscars techniques à Avatar, tels que meilleurs effets spéciaux, direction artistique, cinématographie, montage sonore…
Et l’animation de la soirée par Steve Martin et Alec Baldwin devrait être intéressante.
C’est la 12e édition du Festival de films de l’Outaouais qui battra son plein du 12 au 19 mars 2010. Les films seront présentés au Cinéma 9, aux cinémas des Galeries d’Aylmer, à la Bibliothèque et Archives Canada, à l’UQO, ainsi qu’au Théâtre du Casino pour l’ouverture et au Musée des civilisations pour la clôture.
Les programmes, les grilles-horaire et les billets seront disponibles dès le samedi,
6 mars, au Cinéma 9 et aux Galeries d’Aylmer.
La sélection de films cette année a l’air fort intéressante et je me promets de voir des films que j’attendais depuis longtemps, tels que Eden à l’ouest de Costa-Gavras, Welcome de Philippe Lioret, Coluche de Antoine de Caunes, Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld avec Isabelle Adjani ainsi que Le Concert de Radu Mihaileanu.
Dans les films que j’ai vus dans des festivals, je recommanderais l’excellent film belge Over the hill band, Envoyés très spéciaux de Frédéric Auburtin avec Gérard Jugnot et Gérard Lanvin, Korkoro Liberté de Tony Gatlif qui fait toujours une chronique éloquente des gitans en Europe et Aide-toi et le ciel t’aidera de François Dupeyron avec Claude Rich.
Évidemment, le festival présente toujours le palmarès des meilleurs films québécois, alors c’est une bonne occasion de voir des films qu’on a manqués!
Bon festival et bon cinéma à tous!




