La campagne Femmes ontariennes et droit de la famille, qui est en œuvre depuis deux ans, est traduite en quatorze langues. Or, ce n'est que récemment que le volet francophone de cette campagne a été confié entre les mains de l'AOCVF.
«On a repris la portion francophone de la campagne afin de s'assurer que la traduction et l'adaptation soient bien faites, explique Josée Guindon, directrice du projet d'éducation juridique populaire pour l'AOCVF. La campagne existe depuis deux ans, mais l'AOCVF lance finalement le site web qui accompagne celle-ci et tous les livrets et les brochures ont été revus et sont à jour au niveau législatif.»
Selon Mme Guindon, les processus judiciaires liés au droit de la famille et au droit des femmes sont généralement complexes et lourds, sans compter que le système judiciaire peut être intimidant pour les femmes, par exemple au niveau des termes utilisés.
«On a donc organisé le site avec un langage plus accessible qui ferait moins peur aux femmes et qui pourrait répondre à des questions davantage de base», ajoute Mme Guindon.
Maintenant que le site Internet www.undroitdefamille.ca est en ligne, l'AOCVF compte faire connaître la campagne aux femmes de la province. En plus de créer du matériel spécialisé d'information adapté pour les femmes autochtones et pour les femmes musulmanes, le regroupement d'organismes désire mettre sur pied des ateliers.
«On croit beaucoup au développement du matériel, explique Josée Guindon. Les gens ont accès au matériel, mais quand on se promène un peu partout, on s'aperçoit que souvent, les femmes vont aller chercher l'information quand elles ont un besoin. Nous, comme on veut faire de la prévention et de l'éducation, on va se promener partout en Ontario et offrir des ateliers généraux sur le droit de la famille.»
La difficulté de trouver des services en français
Mme Guindon et son équipe de l'AOCVF termineront bientôt une étude sur les besoins juridiques des femmes francophones en Ontario. L'étape de cueillette de données est terminée, assure Mme Guindon.
«Nous sommes présentement en train de compiler les résultats et il va y avoir un rapport qui sortira en avril», dit-elle. D'ores et déjà, Mme Guindon indique que son équipe et elle ont fait une première constatation.
«Ça nous a permis, en se promenant, de voir que les femmes, sans cette campagne et ses outils, que ce soit les livrets ou le site Internet, ne savent pas où aller, confie-t-elle. Souvent, elles vont se tourner vers un service communautaire, un bureau de médecin, bref vers des endroits où c'est plus facile d'accès. Malheureusement, malgré la loi sur les services en français, encore en 2010, même dans des régions désignées, il n'y a pas de services en français.»

