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Des mauvaises herbes qui suscitent la compassion

Des mauvaises herbes qui suscitent la compassion

Des mauvaises herbes qui suscitent la compassion

Sandy Chirol
Publié le 3 Février 2010
Publié le 21 Avril 2010
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Après Le Bain joué à l'automne dernier, la troupe du Théâtre Bouches Décousues remonte sur les planches du CNA les 6 et 7 février prochains avec Les Mauvaises Herbes, premier volet du triptyque Les Jardins d’enfants, écrit par Jasmine Dubé.

Sujets :
CNA

Destinée au jeune public de plus de 8 ans, cette pièce «sensible et drôle» aborde la difficile enfance que doivent affronter tous les enfants qui grandissent avec une différence physique ou comportementale. À travers la métaphore de la pépinière, à mi-chemin entre le jardin et l'orphelinat, ces enfants sont un peu comme des mauvaises herbes. Abandonnés, déracinés, Flore la jardinière les recueille. Comme un arbre sur lequel ils peuvent se reposer, elle est leur refuge. Elle les transplante, les tuteure, leur donne de l’eau et des vitamines.

Tout comme Tatou le chardon agressif, Lina, Momo, Bastarache et Théo ont tous des troubles importants du comportement. Ils sont obligés de vivre dans des pots de fleurs comme prisonniers de leur enfance dans l'attente de s'enraciner ailleurs.

Pourtant considérés comme des mauvaises herbes, la personnalité qu'ils dévoilent au fil de la pièce suscite la tendresse et la compassion. Ces personnages évoluent, se définissent comme ils se sentent et «la souffrance avec laquelle ils vivent ne peut que nous attendrir. Ça prend beaucoup de courage de devoir vivre en étant différent des autres enfants, mais pourtant ils y arrivent et développent de grandes qualités», explique Jasmine Dubé.

Tout comme les enfants, mi-végétaux mi-humains, sortiront de leur pot et prendront racine, on peut dire que cette nouvelle création enracine la carrière de Jasmine Dubé, également comédienne et directrice artistique du Théatre Bouches Décousues qu'elle a fondé en 1986. «Pour marquer mes 30 années de vie professionnelle, je voulais faire le tour de mon jardin, mettre le doigt sur ce qui n'avait pas encore été exploré. J'ai écrit Les Mauvaises Herbes en me remémorant les milliers d'enfants que j'ai rencontrés au fil des pièces que j'ai écrites. Je me suis rendue compte que les enfants qui reviennent me voir sont souvent ceux qui vivent avec une différence. Je voulais en quelque sorte leur rendre hommage, montrer leur humanité», justifie l'auteure de la pièce.

Et son exploration va au-delà de l'écriture puisque cette pièce lui permet également de monter sur scène, dans le rôle de la jardinière, ce qu'elle ne s'était pas permis depuis La bonne femme, pièce dans laquelle elle a joué pendant plus de dix ans.

Les billets sont disponibles à la billetterie du CNA ou via le site internet www.nac-cna.ca. La pièce a également été publiée chez Dramaturges Éditeurs.

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