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La maçonnerie tente de séduire les jeunes

Le maçon d’époque, Sylvain Laniel, en pleine explication. Photo : Benjamin Vachet

Le maçon d’époque, Sylvain Laniel, en pleine explication.

Publié le 23 Mai 2012
Publié le 23 Mai 2012
Benjamin Vachet  RSS Feed

Comme bien des métiers manuels, la maçonnerie souffre d’un déficit de popularité auprès des jeunes du secondaire à la recherche d’une voie professionnelle. Pourtant, les débouchés ne manquent pas dans ce secteur.

Sujets :
Centre des métiers Minto , Groupe d’élèves , Travaux Publics Canada , Canada , Québec

Dans les locaux du Centre des métiers Minto, un petit groupe d’élèves travaille dans le bruit des machines et des coups de marteau. L’atelier principal accueille pour trois jours un éminent spécialiste en maçonnerie, artiste de la restauration de bâtiments patrimoniaux, Sylvain Laniel, qui travaille depuis 21 ans chez Travaux Publics Canada.

« Je leur apprends à tailler la pierre, à lire son grain, à la poser… J’étais déjà venu l’an passé et c’est quelque chose que je voudrais faire chaque année. Les maçons spécialisés dans la restauration patrimoniale sont une petite poignée. Tous ont entre 50 et 60 ans et dans quelques années, quand ils partiront à la retraite, qui les remplacera ? La relève n’est pas là et nous sommes obligés d’aller chercher des entreprises de l’extérieur pour travailler sur les chantiers, surtout qu’entre les églises et les édifices gouvernementaux, les chantiers de restauration ne manquent pas. Alors, si je peux convaincre un étudiant avec cet atelier, ce serait déjà pas mal », explique le maçon d’époque.

Le manque de main d’œuvre est un problème dans tous les domaines de la maçonnerie, concède Patrick Boucher, coordonnateur du programme de Techniques de maçonnerie à l’Institut des métiers de La Cité collégiale. Sa formation d’un an, qui aboutit sur l’obtention d’un Diplôme d’études collégiales, compte une quinzaine d’élèves, mais il pourrait en accueillir davantage.

« Nous voulons faire connaître ce métier méconnu. Ici, nous offrons un excellent programme qu’on essaie d’améliorer année après année en tenant compte des remarques des professionnels. Tous nos jeunes ont un stage à l’issue de leur formation, au bout de trois semestres. Souvent ceux-ci débouchent sur des offres d’emploi. Notre taux de placement est d’environ 98 % ! ».

Des possibilités multiples

Travail physique, la maçonnerie demande une bonne dextérité manuelle, une bonne forme et un sens artistique. En organisant l’atelier sur la restauration patrimoniale, M. Boucher souhaite planter une graine et faire comprendre à ses élèves les multiples opportunités qui s’offrent à eux.

« Il n’y a pas que le secteur résidentiel comme débouché possible pour eux. Nous essayons de leur donner la formation la plus complète. Ici, ils ont tous les outils pour toucher à tout et sortir avec un bon bagage, même s’ils n’ont pas d’expertise dans un domaine particulier ».

La suite de leur formation, les élèves pourront la faire en apprentissage, afin d’obtenir le sceau rouge qui leur ouvrira le marché du travail de l’ensemble du Canada, sans oublier ce qu’ils apprendront directement sur le terrain.

Élève du programme de M. Boucher depuis septembre, Stéphane Woodside travaille avec application à construire un mur en pierres taillées. À l’issue de sa formation à La Cité collégiale, il poursuivra ses études au Québec pour se spécialiser dans la restauration.

« J’ai travaillé dans la construction et j’ai constaté que les plus relaxes sont souvent les maçons, car ils aiment vraiment leur métier. Ce que j’aime en maçonnerie d’époque, c’est la fierté que tu ressens quand tu as restauré une œuvre, c’est un accomplissement que tout le monde n’est pas capable de faire et qui demande de la technique ».

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