Une étude du Centre de recherche en éducation franco-ontarienne (CRÉFO) de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario (IÉPO), parue lundi, dresse un portrait global des choix que font les finissants du secondaire francophones lorsque vient le temps de décider dans quel établissement postsecondaire ils poursuivront leur cheminement scolaire.
Les dernières données sur le sujet remontaient à 1996, d’où l’importance de réaliser cette recherche. «Si quelqu’un se demandait où s’inscrivent les élèves francophones de l’Ontario aux études postsecondaires, on n’aurait pas pu répondre, indique Sylvie Lamoureux, professeure adjointe à l’Institut des langues officielles et du bilinguisme de l’Université d’Ottawa et co-chercheure de l’étude intitulée L’accès des francophones aux études postsecondaires en Ontario : le choix des jeunes. On voulait savoir vers où se dirigeaient nos diplômés francophones de l’Ontario.»
La recherche, menée par Normand Labrie, vice-doyen de la recherche à l'IÉPO, basé à l’Université de Toronto, a permis de recueillir des informations sur 40 887 jeunes diplômés du secondaire francophones au cours des dix dernières années, ce qui a nécessité plus de deux ans de travail. De plus, des entrevues menées auprès d’orienteurs d’une vingtaine d’écoles partout en province ont permis de colliger davantage de renseignements pertinents pour l’équipe de recherche, complétée par Denise Wilson.
Cette vaste étude a notamment permis de constater que même si la volonté de poursuivre des études en français était forte, la proximité d’un collège ou d’une université constituait un facteur déterminant dans la décision des élèves. «La majorité des francophones poursuivent des études postsecondaires en français, mais ce qui est encore plus important, c’est la proximité géographique. Beaucoup plus de jeunes choisissent de rester à moins de 75 kilomètres de leur école secondaire que le laissait entrevoir le discours des orienteurs», cite en exemple Mme Lamoureux.
Cette constatation démontre que les choix effectués par les élèves ne correspondent pas toujours aux les attentes des systèmes éducatifs ou même de ce que sont portés à croire les orienteurs scolaires.
«Si les élèves n’ont pas d’établissement francophone ou bilingue à proximité, comment peut-on leur faciliter l’accès à l’information? Ce sont des questions qui deviennent pertinentes, particulièrement dans les régions où il n’y a pas de collèges francophones», poursuit Mme Lamoureux.
L’enquête répond donc à une foule de questions, notamment vers quels programmes les jeunes se dirigent, dans quels établissements ils s’inscrivent, et les différences notables entre garçons et filles ou même entre les jeunes issus des différentes régions de la province.
«Le rapport même et les annexes pourraient donner matière à discussion très intéressante dans les conseils scolaires et dans les écoles, parce qu’ils peuvent voir les différents établissements fréquentés par leurs élèves. Ça pourrait aussi être utile au ministère de l’Éducation, qui pourrait entamer des discussions appuyées sur des chiffres», souligne Sylvie Lamoureux, ajoutant qu’il s’agit d’«un premier travail qui va défricher un peu le terrain pour les autres» qui pourraient s’intéresser au sujet.
Le rapport est disponible dans son intégralité sur le site Web du CRÉFO, au crefo.oise.utoronto.ca, dans la section Activités de recherche.