«Avant, on arrêtait les hommes et les femmes. Maintenant, nous arrêtons seulement les hommes», résume Chris Rheaume, inspecteur de police à Ottawa.
Mais l'officier est d'avis que les chiffres d'arrestations restent inchangés: «La situation sur la prostitution ne change pas. On peut pas dire que l'on arrête plus ou moins de clients qu'auparavant.»
En marge de la décision de la Cour d'appel, la PPO a mis en place une section apportant une écoute aux prostitués sur le terrain.
La Cour d'appel de l'Ontario avait invalidé en mars dernier les clauses sur le proxénétisme et les maisons closes. Selon les juges, ces dispositions mettent la vie des prostituées en danger. Dans son jugement rendu à Toronto, le plus haut tribunal ontarien avait fait savoir qu'il était plus sécuritaire pour les prostitués d'évoluer sous le couvert d'une maison close.
Reste que la loi pourrait encore évoluer. La Cour suprême du Canada avait fait savoir en octobre qu'elle entendrait l'appel du gouvernement fédéral, qui tente de faire annuler la décision d'un tribunal inférieur sur la légalisation des maisons closes.
La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, maintient l'idée que la décision de la Cour d'appel de l'Ontario renforce l'exploitation des femmes prostituées par les proxénètes, sans pour autant approuver l'initiative du gouvernement fédéral. « Nous restons favorables à un système qui criminalise le client, ce que ne pratique pas l'Ontario, mais qui cesse de mettre l'emphase sur les prostitués, ce que demande le gouvernement fédéral. »
S'il faut encore attendre plusieurs mois pour connaitre la décision de la Cour suprême, la PPO reste sur ses gardes: « Ce n'est pas facile lorsque la loi change souvent. Ça nous oblige à nous adapter continuellement. »

