Anciennement connu sous le nom Réseau Éducation-Médias, le Centre canadien d'éducation aux médias et de littératie numérique a profité du dévoilement des résultats de l'étude pancanadienne pour présenter sa nouvelle image.
Ce qui ressort de cette enquête pancanadienne, c'est que les enfants vivraient dans une cage de verre en raison de la peur et de la surveillance dont ils sont l'objet. D'un autre côté, les programmes de lutte contre la cyberintimidation seraient inefficaces.
Le rapport réalisé après l'enquête auprès de parents et enfants présente un virage drastique au sujet d'internet et une façon de penser totalement différente entre les adolescents et les adultes. «C'est le premier projet de son genre dans le monde», indique la docteure Valérie Steeves, chercheure principale dans cette enquête et professeure associée au département de criminologie de l'Université d'Ottawa.
Au terme de la troisième phase, une différence est ressortie entre les résultats en 2000 et ceux en 2011. Alors qu'au début de l'enquête les parents affirmaient qu'Internet étaient une source d'information utile, aujourd'hui la grande majorité soutient que le web engendre la peur. «Les parents ont si peur qu'ils surveillent leurs enfants à outrance et sont persuadés que l'espionnage des activités de leur enfant en ligne est devenu incontournable pour assurer leur bien-être et leur sécurité, comme le ferait tout bon parent», d'indiquer Cathy Wing, codirectrice exécutive d'HabiloMédias.
Après avoir effectué douze groupes de discussions à Ottawa, Toronto et Calgary, soit un total de 66 jeunes de 11 à 17 ans et 21 parents, les chercheurs remarquent que les parents vivent dans l'insécurité. Bien qu'ils craignent des menaces dirigées contre leurs enfants, ceux-ci ne sont par contre pas capables de préciser la nature de celles-ci, selon l'enquête. «Je vérifie tout, jusqu'à son téléphone cellulaire, absolument tout, tout, tout», indique une mère.
Et du côté des jeunes, ceux-ci affirment qu'internet n'a plus rien d'amusant car ils n'ont plus de vie privée. Trois étudiants d'Ottawa, de 11, 15 et 16 ans, Theo Etzinger, Natasha Iskayne et Alex Bernst étaient sur place lors du dévoilement des résultats, eux qui ont participé aux groupes de discussions. Et selon les jeunes panélistes, il est important de garder une partie de leur vie privée. Et tous se disent au courant des dangers qui peuvent être présents sur le web. Les jeunes participants déplorent aussi dans l'enquête que l'internet perd son côté amusant, étant donné qu'ils se sentent constamment surveillés en ligne par leurs parents. «Ce type de surveillance les dérangent vraiment», d'indiquer Dr Steeves.
D'autre part, les enfants ne croient pas à l'efficacité des programmes de cyberintimidation. «Je ne vois pas commenter répéter encore et encore les même choses année après année pourraient aider», souligne Natasha Iskayne. Même son de cloche pour Alex Bernst.
Selon la docteur Valerie Steeves, cela montre que les jeunes connaissent les risques liés à l'internet. Au terme de l'enquête, il a d'ailleurs été démontré que les jeunes ne croient pas à l'efficacité des programmes de lutte contre l'intimidation. Ils disent avoir les compétences nécessaires pour résoudre les problèmes qui se poseront à eux. Ils demandent d'ailleurs une plus grande confiance de la part des adultes.
En 2013, ces nouvelles découvertes vont servir de fondements à une nouvelle enquête canadienne qui sera menée auprès des jeunes.
Pour l'ensemble du rapport: www.habilomedias.ca

