Ces entités seront choisies par le ministre de la Santé et des Soins de longue durée et collaboreront avec les 14 réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) de la province afin de s’assurer que la planification locale des soins de santé tienne compte des collectivités francophones.
La ministre de la Santé, Deb Matthews, en a fait l’annonce la semaine dernière à l’Hôpital Élisabeth Bruyère en compagnie de la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur.
«Ça faisait longtemps que c’était attendu par la communauté francophone et c’est un grand jour aujourd’hui pour eux, parce qu’enfin les francophones pourront décider des soins de santé dont ils ont besoin. Le but est d’améliorer la santé des francophones», a indiqué Mme Meilleur.
Le nouveau règlement est en vigueur dès maintenant et les entités seront mises en place d’ici les six prochains mois. Ces entités devront faire des recommandations au RLISS qui devra par la suite rendre compte à la ministre Matthews des recommandations qui leur ont été faites et de ce qui a été mis en œuvre.
Les conseils que les entités fourniront aux RLISS porteront sur les méthodes pour faire participer la communauté francophone dans la région, les besoins et les priorités en matière de santé de la communauté locale, l’identification des services de santé pour les francophones et des fournisseurs déjà présents dans la collectivité et sur l’amélioration de l’accès aux services en santé en français et à leur intégration dans la région.
La mise en place de ce règlement est le fruit des recommandations du rapport spécial sur la santé du commissaire aux services en français, François Boileau.
«Je me réjouis de l’excellente nouvelle pour la communauté francophone, car elle est la mieux placée pour connaître ses propres besoins et priorités en matière de services de santé en français. Les entités de planification francophones vont répondre à ce besoin et mettre fin à une lacune qui existait depuis trop longtemps», a-t-il expliqué.
«Il ne reste qu’à souhaiter qu’on accorde les ressources nécessaires aux entités en question afin qu’elles accomplissent pleinement leur travail. Il faudrait aussi qu’un suivi rigoureux s’instaure au sujet de la création d’un poste de haute gestion de planificateur coordonnateur des services de santé en français au sein d’un RLISS ou de groupements de RLISS. Je compte poursuivre mes démarches en ce sens», a ajouté M. Boileau.
Le Commissariat aux services en français avait reçu au-delà d’une centaine de plaintes à l’automne 2008 concernant la publication d’un projet de règlement sur la santé.
Plusieurs organismes ont signifié leur appui à ce nouveau règlement à la suite de l’annonce de la ministre Matthews.
«Nous avons espoir que cette structure sera beaucoup plus efficace que les comités consultatifs formés de bénévoles que le gouvernement avait d'abord proposés», a indiqué le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, Benoit Mercier.
En novembre 2008, l'AEFO avait fortement dénoncé la proposition initiale du gouvernement de confier à des comités consultatifs bénévoles la responsabilité de planifier les services de santé en français jugeant le domaine trop complexe et sans ressources humaines et financières spécifiées.
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) estime également que le règlement répond aux inquiétudes soulevées depuis plus de 15 mois par la communauté. L’organisme n’était pas lui non plus en faveur du projet de règlement déposé en 2008 qui faisait abstraction des organismes et institutions francophones, tels que les Réseaux de services de santé en français déjà en place.
«Dorénavant, la communauté sera impliquée en matière de santé et aura son mot à dire sur les services requis pour combler ses propres besoins dans ce domaine. Les entités seront directement responsables de la planification, du développement et de l’évaluation des services de santé en français en Ontario», a indiqué la présidente de l’AFO, Mariette Carrier-Fraser.
