J’écris ces quelques mots depuis l’étage de soins palliatifs de l’Hôpital St-François d’Assise de la ville de Québec. J’y passe mes journées depuis déjà une semaine afin de passer du temps avec ma grand-mère qui y fait présentement ses derniers miles. Ma famille et moi sommes réunies auprès d’elle afin de profiter de sa présence au maximum et qu’elle se sente entourée et aimée.
En novembre 2008, ma grand-maman Lily a subi une opération pour un cancer du côlon. Selon les médecins, celle-ci a été un succès. Mais malheureusement, en juin de l’année suivante, on apprend que le cancer s’est propagé et qu’il lui reste approximativement deux mois à vivre. Inutile d’avoir recours à des traitements, il suffit uniquement de gérer sa douleur.
Notre belle Lily est une femme assoiffée de vivre qui s’émerveille devant les choses qui peuvent sembler banales pour la majorité d’entre nous. Les couleurs des paysages, le cri des oiseaux, l’odeur des fleurs, et tout ce que nous prenons pour acquis quotidiennement sont pour elle de précieux trésors. Elle a une joie de vivre contagieuse qui fait en sorte que son espérance de vie de deux mois en est rendue à huit et continue de croître.
En effet, lors du diagnostic de juin dernier, elle a affirmé à la blague à notre famille qu’elle se rendrait à Noël afin de recevoir le plus de cadeaux possible. Une fois la période des fêtes terminée, elle tient à être parmi nous pour voir et sentir les fleurs au printemps.
Mais le 1er janvier dernier notre Lily doit être amenée d’urgence à l’hôpital pour une bactérie qui attaque son unique rein. On nous dit qu’il ne lui reste que quelques jours, mais à notre agréable surprise, elle gagne une fois de plus son combat. Mais elle a perdu beaucoup de forces et elle doit dorénavant être placée aux soins palliatifs. Très consciente de la réalité qu’elle ne peut fuir éternellement, Lily comprend que cette étape signifie qu’elle ne remettra pas les pieds dans sa demeure et qu’une fin imminente l’attend.
Je me sens démunie face à cette petite femme qui a toujours été pour moi une source de réconfort et pour qui je ne peux rien faire pour amoindrir son immense douleur. Au moment où j’écris ces quelques mots, elle se trouve dans sa chambre en pleurs parce qu’elle ne veut pas mourir pour laisser derrière sa famille et ses 85 ans de vie heureuse.
Présentement, je suis entourée d’espoir, de peur, de peine et de haine. Je vois une famille entière déchirée par l’impuissance face au mal de celle qui représente le centre de leur noyau. Mais en regardant autour de moi, j’aperçois plusieurs autres personnes vivant la même réalité.
Effectivement, l’aile des soins palliatifs déborde et doit refuser des patients dû à l’immense demande. Je me suis donc engagée à faire tout ce que je peux pour atténuer la souffrance créée par cette maladie maudite qui affecte beaucoup trop de gens.
Je participe au Relais pour la vie de la Société canadienne cancer parce que je crois que la recherche pourrait éventuellement trouver des traitements pour diminuer la souffrance des cancéreux et allonger leur espérance de vie et peut-être même une cure.
Mais je n’arriverai pas à faire une différence seule. C’est avec l’aide de gens de la communauté que nous allons combattre le cancer. J’invite donc tous les citoyens d’Orléans à se joindre à moi en s’inscrivant au Relais pour la vie qui aura lieu le 18 juin 2010 au relais.cancer.ca.