C’est grâce au Réseau local d’intégration de soins de santé (RLISS) de la région de Champlain que le programme pourra revivre dans la région, après avoir été interrompu en raison d’un manque d’argent. Le RLISS est un organisme chargé de gérer les fonds destinés à la santé d’une région donnée, de déterminer ses priorités et d’identifier les programmes aptes à rencontrer les besoins de la population de ce territoire.
Le programme FrancoForme, autrefois financé par la Société Santé en français, est donc apparu comme une priorité pour le RLISS Champlain, qui a décidé de lui octroyer une somme de 150 000 $ annuellement, dès cette année. «C’est une priorité parce qu’en fait la prévention des maladies cardiovasculaires et la prévention des maladies chroniques est vraiment l’une des priorités du RLISS Champlain», a expliqué le coordonnateur du projet, Marc Laflamme, qui était enchanté par cette nouvelle.
Ce dernier souligne que l’argent servira à opérer le centre de coordination, établi à l’ICUO, mais que d’autres sites satellites seront établis dans la région de Champlain, afin de faciliter l’accès à ce service gratuit à tous les francophones. «Si nous on ne peut pas le faire, d’autres partenaires communautaires peuvent prendre la relève, que ce soit l’Hôpital de Hawkesbury, le Bureau de santé de l’Est de l’Ontario ou l’Équipe de santé familiale de l’Est d’Ottawa», a souligné M. Laflamme, ajoutant que toute la formation de personnel sera faite au centre de coordination.
Pour la Dre Michèle de Margerie, associée clinique en prévention et réadaptation à l’ICUO, ce financement tombe à point. «Je suis plus que contente, on se réjouit, on ne s’attendait pas à avoir un financement permanent, ou en tout cas pas dans les prochaines années. Ça nous est tombé comme une manne du ciel, c’est extraordinaire», a-t-elle exprimé.
Selon la Dre de Margerie, ces fonds permettront de bien ancrer le programme FrancoForme et de le développer, chose qui était impossible en raison de l’incertitude qui planait quant au renouvellement du financement. «On n’osait pas prendre trop d’élan, parce qu’on savait que ça allait finir au bout de quelques mois. Mais là, ça nous permet de planifier à long terme. Nous sommes plein d’énergie et plein d’idées», a-t-elle assuré. «Le fait qu’on ait un financement permanent va nous permettre de faire plein de choses», a pour sa part repris Marc Laflamme, ajoutant que le programme serait exactement pareil à ce qu’il était avant son interruption.
Dre de Margerie a d’ailleurs comme objectif d’aller chercher les immigrants francophones fraîchement débarqués dans la région. Elle a d’ailleurs récemment rencontré le chef de la communauté congolaise à ce sujet. «On réalise que les gens qui déménagent de l’Afrique ont de la difficulté à s’adapter sur les plans de l’alimentation et de l’exercice. C’est un style de vie complètement différent de ce qu’ils ont connu dans leur pays», a-t-elle fait remarquer.
M. Laflamme affirme accepter tout Franco-ontarien, peu importe son âge, qui présente des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Selon lui, la prévention, c’est la voie de l’avenir. «Quand on peut prévenir le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète, en encourageant les gens à maintenir de bonnes habitudes, tout le monde gagne dans ça. Le système de santé, le public, et les médecins», a-t-il soutenu. «On est enfin reconnus! Il est grand temps qu’on reconnaisse la prévention. On se compte bien chanceux», a pour sa part insisté Dre de Margerie.
Le territoire du RLISS Champlain va de Deep River, jusqu’à Cornwall, et remonte vers Hawkesbury. Il est délimité au nord par la Rivière des Outaouais, et contient environ 1,1 million d’habitants, dont 200 000 francophones. Le programme FrancoForme comprend l’évaluation des facteurs de risque de tout Franco-ontarien qui présente de tels facteurs, à l’aide d’un questionnaire, d’une prise de sang et de mesures simples, au début et à la fin du programme de six mois. Un conseiller est chargé de suivre les progrès du participant, qui est guidé chaque semaine, par conversations téléphoniques. Des conseils sont ainsi prodigués en ce qui concerne l’amélioration de la condition physique, la nutrition et la gestion du stress.