Eh voilà, dans moins de 25 jours, nous serons encore une fois à Noël. Bien sûr, Noël évoque pour chacun de nombreux sentiments, de joie, de calme, de belles cartes des Fêtes avec des paysages d’hiver de toute beauté et aussi, pour les chrétiens, la venue du Jésus de la crèche avec son message d’amour et de paix. Et Dieu sait que par les temps qui courent, on en a un grand besoin.
Pour moi, un des grands plaisirs des Fêtes, c’est la bonne bouffe. Je me souviens de ma mère qui faisait ses gâteaux aux fruits, ses tourtières et mille et un petits biscuits à la mélasse, sablés, carrés aux dates, gâteaux Reine Elizabeth, etc. Puis, il y a la dinde traditionnelle, avec patates en purée dans une belle sauce brune, sauces aux canneberges et quoi encore pour nous mettre l’eau à la bouche. Il y a aussi les sucreries, les bonbons durs qu’on suce pendant des heures, les cannes à la menthe, et le chocolat.
Quand j’étais au collège, je ne vivais plus les heures dans la maison paternelle avec toutes les odeurs et les senteurs agréables que dégageaient tous ces préparatifs pour les Fêtes. On pillait le garde-manger de maman et plus tard, pour moi, je guettais ma femme pour voir où elle allait mettre toutes ces bonnes choses en attendant l’arrivée du réveillon. À la cachette, je dérobais les morceaux que j’aimais le mieux. Invariablement, je me faisais prendre et j’en entendais parler pendant plusieurs minutes! «Tu donnes un mauvais exemple aux enfants. On va arriver à Noël et il ne restera plus rien!» Je récidivais, c’était plus fort que moi.
Puis Noël n’arrivait jamais assez vite. Combien avons-nous de souvenirs de repas abondants de Noël ou du Jour de l’An? Tout le monde s’affairait, la table était mise, les tourtières au fourneau, les cierges éclairaient la table et toujours, toujours, ces odeurs délicieuses qui imprégnaient la maison. La visite arrive, on échange les vœux d’occasion, la joie rayonne sur les visages et on passe à table. Rien de mieux qu’une bonne bouffe pour alimenter la conversation et répandre la joie. Il semble qu’autour d’une table bien mise, une assiette chargée de bonnes choses, on ne peut faire autrement que de jouir et de se bourrer la tête de souvenirs qui vont nous hanter à chaque année au temps de Noël.
Je me permets de vous donner une recette de mon dessert préféré à Noël : La tarte au suif. Une tasse de cassonade, 1/4 tasse de farine tout usage, une c. à thé d’essence d’érable, 1/2 tasse de raisins de Corinthe, 1/3 tasse d’eau et 1/3 tasse de vinaigre. Couvrir l’assiette à tarte de pâte avec le sucre brun et la farine, ajouter la tasse d’eau et de vinaigre et brasser légèrement. Mettre des lisières de pâte d’un pouce d’un côté à l’autre de l’assiette. Cuire la pâte au four.
Cette vieille recette était celle de ma grand-mère, reprise par ma mère et maintenant par ma femme et ma sœur. On ne mange ce genre de tarte que dans le temps de Noël, et c’est vraiment bon.
Que serait Noël sans un p’tit coup! Et voici ma recette pour un caribou tout à fait merveilleux. Je sais, on peut en acheter à la Commission des liqueurs, mais rien ne bat le caribou de mon beau-père, une vieille recette des anciens Canadiens.
Caribou de Noël : 26 oz de Port (vin rouge), 12 oz. d’alcool à 50%, 8 oz. d’eau froide, 10 oz de crème soda rouge, 3/4 c. à soupe de vanille, une chopine d’eau froide et 1/2 lb de sucre granulé. Faire un sirop avec l’eau et le sucre. Ajouter les autres liquides qui seront bien mélangés puis ajouter l’essence en dernier lieu au goût. Et comme disait mon beau-père, buvez à votre soif. Vous aurez là un caribou que vous n’aurez pas honte d’offrir à votre visite. Attention, après quelques p’tits coups, vous allez avoir le fou rire.
Alors, profitez de ce temps de belle bouffe pour régaler votre famille et vos amis, c’est autour d’une belle table que commencent les conversations animées, drôles et intéressantes. À vous tous : Salut!
