J’ai eu l’occasion, la semaine dernière, d’assister à un atelier sur le Yoga du rire. J’ai toujours cru à la valeur du rire dans la vie. C’est tellement vrai que ma femme me dit souvent qu’elle m’a marié parce que je la faisais rire. Il doit y avoir du vrai puisque nous sommes conjoints depuis plus de 52 ans. Et, sans blagues, je réussis encore à la faire rire. Pourtant, ma femme n’est pas portée au rire aussi facilement que je le suis. Je dois faire de bons efforts pour la faire rire et pourtant, Dieu sait que c’est important de rire dans la vie quotidienne à deux. Pauline (c’est ma femme pour ceux qui ne le savent pas) me répète que la vie de couple ne serait plus drôle si on cessait de rire.
Alors, vous allez me dire : «Mais c’est quoi au juste le Yoga du rire?» Je vous cite directement l’explication de Sophie Terrasse qui animait l’atelier de la semaine dernière : «Le Yoga du rire est une nouvelle révolution dans la médecine du corps et de l’esprit. Il combine exercices de rires simples et respirations yogiques douces pour améliorer votre santé et votre joie de vivre.»
Je n’aurais jamais cru que le rire pouvait faire tant de bien pour la santé. J’ai aussi appris que des Clubs du rire existent presque partout dans le monde; en fait, il y a plus de 6000 clubs dans 60 pays. Ici, dans notre région, Mme Terrasse a fondé l’Institut Tournesol et elle est thérapeute et instructeur de Yoga Kundalini.
C’était drôle seulement d’assister à sa présentation. Nous étions environ une centaine de personnes dans la salle. Mme Terrasse nous a expliqué ce qu’on allait faire. Imaginez-vous que le rire artificiel ou plutôt intentionnel produit les mêmes bienfaits qu’un rire tout à fait naturel. C’est simple, quand on rit parce que quelqu’un vient de nous conter une blague, ou qu’on assiste à une comédie, ou encore qu’on voit quelque chose de comique durant la journée, cet éclat physique active presque tous les muscles de notre corps. C’est presqu’aussi bon que d’aller jogger pendant une heure. Des médecins ont dit que le rire améliore absolument toutes les fonctions du corps.
Donc, Mme terrasse nous a entraînés dans des exercices de rires fabriqués. Par exemple, à un moment, on se pointait soi-même du doigt et on riait de soi. Il fallait rire aux éclats, se forcer de le faire. Alors, par toute une série de mimes, de faces drôles, de gestes comiques, on riait artificiellement à gorge déployée pendant plusieurs secondes.
Voilà une autre chose que je découvrais : il semble bien qu’en général, en ne rit que sept ou huit minutes par jour. Je me suis demandé pourquoi on ne rit pas plus. La vie est-elle si monotone et plate qu’on ne sait plus rire ou qu’on ne trouve rien de drôle? Pendant presqu’une heure, on a fait des simagrées incroyables tout en riant à bride abattue.
Il fallait voir la face épanouie des gens et pensez-y, on ne riait pas pour vrai, c’était totalement du rire provoqué, mais on ne pouvait s’empêcher de rire pour vrai si ce n’est que de voir les réactions des participants. Pour ma part, j’ai ri à mon goût et bien gratuit, j’ai pris un bon bain d’aération mentale.
Eh oui, c’est un des bénéfices du rire, il produit «les substances chimiques du bonheur» que sont les endorphines, des substances qui permettent au cerveau d’englober plus d’oxygène et il s’en trouve ravigoté.
Le rire est certes une manifestation de joie, signe d’esprit ouvert, mais il nous permet de redécouvrir l’enfant qui dort en chacun de nous. On dirait qu’il éveille un sentiment de complicité, qu’il amène des mots qui appellent à l’amitié.
Dans ma jeunesse, aux études, je notais souvent des pensées que j’aimais. J’ai trouvé les suivantes dans mes notes. «Il vaut mieux rire avant de mourir que de mourir sans avoir ri.» Je crois que ce mot vient d’Alfred de Musset, un grand poète. Et une autre, en terminant : «Hâtez-vous de rire, avant que vous ne vous aperceviez que ce n’est point drôle.» C’est là un mot de La Roche Foucault, un pessimiste de la pire espèce. Riez, votre créativité ne s’en trouvera que mieux.
