La récompense de 40 ans de travail



Gérald Poulin
Publié le 22 Octobre 2009
Publié le 18 Février 2010
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Sujets :
Jacques Bédard Excavations , Ottawa , Floride

Jacques Bédard, proprio de Jacques Bédard Excavations Ltée, fête cette année son 40e anniversaire en affaires. En 1969, après avoir conduit une rétrochargeuse pour un entrepreneur d’Ottawa, il décide de réaliser un rêve qu’il caresse depuis sa toute jeunesse : travailler à son compte.

Il emprunte de l’argent d’un de ses frères et achète une rétrochargeuse. La compagnie Jacques Bédard Excavations est lancée. Il travaille seul de sa résidence de Cumberland, mais il n’ose pas encore accepter des contrats. Il travaille à l’heure mais Jacques est un homme qui n’a pas peur du travail.

Au début, il commence par faire des fossés dans les champs pour les cultivateurs et à l’occasion, il accepte de faire des petits travaux dans le domaine résidentiel. Deux ans plus tard, il embauche son premier employé et achète une deuxième machine. Il accepte des contrats de neige, l’hiver, loue des camions et continue de travailler fort tout en développant une philosophie de travail qui lui servira pendant de nombreuses années. «C’est assez simple, dit-il. Il s’agit de donner au client le meilleur de soi-même. Sois fiable, travaille fort et surtout sois disponible.» En entrevue, Jacques me disait qu’il demandait à ses employés de donner leur 100%, puis s’il le faut, encore un peu plus.

Une bonne mesure de l’homme comme employeur, c’est de voir à quel point ses employés lui sont fidèles. Jacques est fier de dire que Laurier Cadieux est à son emploi depuis 31 ans. Il a commencé au pic et à la pelle, a ensuite conduit des machines et, à l’instar de son patron, il a appris vite et a toujours pris de plus en plus de responsabilités au sein de la compagnie. Aujourd’hui, Laurier est estimateur et vice-président des opérations. «Je suis trop jeune pour être son père, me disait Jacques, mais c’est le fils que j’aurais aimé avoir.»

Aujourd’hui, la compagnie Jacques Bédard compte une cinquantaine d’employés, dont plusieurs y travaillent depuis 10, 15 et 20 ans. Avec une cinquantaine de machines, elle effectue des travaux pour des entreprises comme Ascroft Homes, Avalon Home Builders, Braebury Homes, Brigil Construction, Cardel Homes, Claridge Homes, Longwood Building Corp., Monarch Construction, Richcraft Homes et Woodfield Homes. Ce n’est pas peu dire.

Jacques, avec peu de formation formelle, à grands coups d’efforts et de détermination, a mené son entreprise au succès. Deux de ses filles, Céline et Isabelle, ont fait leurs premières armes dans sa compagnie. Isabelle, comme étudiante, a fait ses études en criminologie et aujourd’hui est agente de probation.

Céline a pour sa part commencé jeune avec la compagnie. Elle est ensuite retournée aux études pour décrocher un baccalauréat en sciences sociales. Aujourd’hui, elle constitue la relève pour son père. Elle est directrice générale de la compagnie; elle veille, sous l’œil vigilant de son jeune père vieillissant, au fonctionnement quotidien. Selon Jacques, un jour, elle lui succédera.

Jacques, on le sait, a pendant quelques années été propriétaire du restaurant Héritage dans la magnifique maison de pierres, à Cumberland. Maintenant qu’il peut prendre un peu de répit, il garde un œil sur la compagnie mais passe ses hivers en Floride. «Je ne peux me détacher complètement, après tant d’années de travail, du quotidien de la compagnie. J’y passe une demi-heure par jour, de la Floride, à regarder les chiffres, un rapport sur le fonctionnement de la compagnie et ça me suffit pour savoir que tout va bien. J’ai mis du temps à apprendre à déléguer mais je pense que je peux dire que je sais maintenant faire confiance à ceux et celles qui m’entourent, et je peux dormir en paix le soir.»

Jacques est un philosophe qui s’ignore. Il lit et croit fortement à la prescription de vie qu’il a découvert dans le livre Le secret, une lecture qu’il recommande à tous pour faire des progrès dans la vie et, comme lui, réaliser son rêve.

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