Le problème Heatley



Gérald Poulin
Publié le 10 Septembre 2009
Publié le 18 Février 2010
Gérald Poulin RSS Feed
Sujets :
école par exemple , LNH , Edmonton

Tous les amateurs de hockey suivent la saga de Dany Heatley depuis maintenant plus de deux mois et ne savent quoi en penser. Le directeur général des Sénateurs, Bryan Murray, se plaignait dans les journaux, cette semaine, d’avoir passé son plus difficile été à tenter de refiler le récalcitrant Heatley à une autre équipe. Il avait négocié un échange avec les Oilers d’Edmonton, mais Heatley, qui a une clause de non-échange dans son contrat, a refusé de la résilier.

Monsieur ne voulait pas aller jouer à Edmonton. Cette équipe en arrache depuis quelques années et Heatley se serait retrouvé avec des coéquipiers qui n’ont rien qui se rapproche des joueurs de la trempe de Alfredson, Spezza, Fisher et autres. Son étoile là-bas n’aurait pas brillé de façon aussi éclatante…

Heatley a créé une situation tout aussi grave, sinon pire, que notre fameux russe Alexei Yashin, qui a été conspué royalement par les amateurs de hockey pour son attitude truculente vis-à-vis l’employeur qui lui payait des millions. S’il se présente au camp d’entraînement des Sénateurs la semaine prochaine, je me demande comment il pourra faire face à la musique qui l’attend. Même le capitaine Alfredson a dit la semaine dernière que la réception des joueurs dans le vestiaire serait froide pour M. Heatley.

L’on sait que les Sénateurs ont dû remettre à Heatley en juillet la jolie somme de 4 millions $, comme boni, au-dessus d’un salaire d’environ 5 millions $ par année, contrat d’une durée de six ans. Il reste encore cinq ans à ce contrat faramineux. Il semble que M. Heatley peut se ficher de la direction des Sénateurs pour un autre cinq ans, si on ne réussit pas à l’échanger à une autre équipe.

Le problème, c’est que ce hockeyeur s’est fermé la porte un peu partout. Qui voudrait le prendre maintenant que l’on sait qu’il peut couper les ponts quand il le voudra, qu’il n’a pas assez de fierté pour honorer son contrat?

Il m’est impossible de comprendre comment un athlète aussi talentueux puisse manquer si royalement de jugement. C’est le syndrome de l’enfant qui dit à son petit ami : «Je ne veux plus jouer dans ta cour.» Le bébé gâté qui fait la moue à propos de tout et de rien. J’aurais aimé croire qu’un joueur moindrement intelligent saurait apprécier le fait qu’il est un des grands privilégiés de ce monde. Recevoir un salaire de 5 millions $ par année pour jouer un jeu, d’être une vedette dans un sport, d’être adulé par la foule et se promener comme un roi dans la communauté, ce n’est pas peu dire. Mais là où je décroche, c’est l’image qu’il projette auprès de ses jeunes admirateurs.

Si M. Heatley peut se comporter ainsi, comme un crétin, pourquoi son jeune admirateur ne pourrait pas en faire autant à l’école par exemple? Si M. Heatley peut se dispenser de rencontrer ses obligations, le jeune peut croire qu’il est tout à fait correct d’en faire autant. Si M. Heatley peut se moquer aussi bêtement de son public, le jeune peut penser qu’il n’est pas important de respecter les autres qui l’entourent.

Il me semble que les joueurs de la trempe de ce Monsieur devraient avoir quelqu’un dans leur entourage pour les conseiller, les diriger et leur faire comprendre leur responsabilité. Encore faut-il qu’ils suivent les directives. Un homme comme M. Heatley, qui ne respecte pas son employeur et ses engagements, n’écouterait probablement pas les bons conseils qu’on lui donnerait.

Enfin, c’en est assez pour que les parents en viennent à défendre à leurs enfants de suivre les aventures de leurs Sénateurs à la télé ou à la Place Banque Scotia. Mais ce serait les priver d’aduler des héros, des personnages qu’ils peuvent imiter même émuler. Le hockey, un sport si magnifique, est rapetissé, amoindri par les manigances déplorables de joueurs aussi dénués de bon sens que ce M. Heatley. Depuis longtemps, moi qui aime tant le hockey, je refuse d’acheter un seul billet pour assister à un match de la LNH. Je me contente d’aller encourager les juniors qui ont du cœur, qui jouent à se fendre l’âme, mais qui, hélas, ne songent qu’à faire le saut dans la grande ligue. Allez y comprendre quelque chose!

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

L'Express Ottawa n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Publicité