J’ai fait une rencontre intéressante dans Internet. Quelqu’un m’a envoyé un texte intitulé Tout fout l’camp? Non, il y a possiblement la «Bourse des savoirs».
L’auteur, Alain Gaba, est un Français qui vit au Québec depuis cinq ans. C’est un ancien instituteur qui s’est transformé en chansonnier et propose un spectacle où ce grand-papa chante nos histoires de vie, les enfants, la nature, la vie rurale, la mort. En fait, un expert pendant plusieurs années auprès de l’UNESCO, il s’inquiète de la perte du patrimoine culturel du monde.
C’est une inquiétude qui porte à réfléchir. M. Gaba écrit : «C’est peut-être pour empêcher un vaste mouvement de perte et d’appauvrissement culturel que l’UNESCO, en 2003, ressent le besoin de définir le Patrimoine culturel immatériel (PCI). Il s’agit des pratiques, représentations, expressions ainsi que des connaissances et savoir-faire que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.»
C’est que l’UNESCO trouve important de «transmettre ce patrimoine de génération en génération parce que justement, il procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité et contribue à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine».
Qui est mieux placé pour transmettre le patrimoine culturel sinon les aînés. Alain Gaba croit que ce sont eux qui doivent devenir les passeurs de cette culture.
On lit souvent toutes sortes de nouvelles touchant le patrimoine. On veut conserver nos édifices historiques, on déclare le canal Rideau «partie de notre patrimoine», on ouvre des musées de tout acabit pour conserver des millions d’artéfacts, mais que fait-on pour garder, protéger et augmenter notre patrimoine culturel, le vrai fondement de notre société?
Nos vieux (il ne faut pas avoir peur de ce mot parce qu’il évoque une réalité, nous avons vécu!) ont récolté au cours des ans des richesses, des connaissances, que ce soit dans notre vie professionnelle, dans nos activités familiales ou sociales, toute une gamme de sentiments, de joies, de peines, d’émotions et même possiblement un peu de sagesse. C’est ça, le patrimoine culturel, et vient s’y ajouter une espèce de morale qui sait distinguer le mal du bien, et des convictions qui se fondent sur les valeurs les plus belles et les plus fondamentales de l’humanité.
Alors, Alain Gaba et un groupe d’aînés ont dressé des listes de tout ce qu’ils savent et de ce qu’ils aimeraient savoir. Les listes sont longues et riches. Puis, on a demandé aux jeunes d’en faire autant. On y trouve de tout, que ce soit de l’entretien d’un vélo ou d’une recherche généalogique, tout devient important.
C’est ainsi qu’on a construit un instrument appelé «Bourse des savoirs», qui permet à tous de partager ses connaissances, d’en discuter, d’échanger des idées et des vues. Alain Gaba conclut : «La somme de nos expériences, les leçons de nos échecs et de nos réussites nous donnent d’innombrables possibilités de comparer, d’associer, de mettre en contradiction ou en synergie les multiples éléments complexes de la vie. Bref, d’être créatif.»
Il faut profiter ainsi des aînés, trouver des moyens et des projets qui les mettent en contact avec les jeunes et même les moins jeunes pour explorer cette «Bourse des savoirs» et devenir «d’excellents passeurs culturels». Les nombreux clubs d’aînés cherchent toujours des moyens de se rendre utiles. Voilà une belle façon de le faire tout en jouissant de nos petits-enfants, en leur parlant, oui bien sûr, mais aussi, en les écoutant.
