Je n’ai pu m’empêcher d’être ému, dimanche dernier, à la collation des grades de la faculté d’Éducation de l’Université d’Ottawa. C’est que ma petite-fille, Josée Lanoue Poulin, la fille de mon fils François et de Marie Lanoue, son épouse, recevait son baccalauréat en éducation. Évidemment, une telle cérémonie évoquait pour moi de beaux souvenirs.
Il faut dire que l’entrée de tout ce cortège universitaire à la Salle Southam, au Centre national des Arts, impressionne. Le corps professoral, en toge multicolore, la couleur selon le niveau d’importance du plus haut diplôme obtenu, le mortier posé sur le bord de la tête, crée immédiatement un climat de sérieux et d’anticipation dans la salle.
Le recteur et vice-chancelier Allan Rock, avec son manteau rouge, à l’image des doctes savants du Moyen Âge, et Mme Huguette Labelle, chancelière de l’Université, portant aussi les insignes de son poste élevé, prennent la place d’honneur au centre de l’estrade. Suivent ensuite tous les récipiendaires d’un diplôme, fièrement drapés de la toge, qui viennent remplir les premières rangées de la salle.
Ils sont là, trépignants d’anticipation du moment où ils iront sur l’estrade recevoir l’accolade de ces autorités et le petit papier qui attestera dorénavant de leur compétence dans le domaine de l’éducation. M. Rock prononce l’allocution d’occasion et souligne l’importance, pour tous ces jeunes, du rôle qu’ils joueront dans les écoles.
En effet, c’est à eux que revient la tâche et le devoir d’instruire les jeunes, futurs citoyens de notre pays. C’est un moment solennel, parce qu’on prend le temps de penser à l’impact que ces diplômés auront sur les jeunes. C’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, avec les parents qui travaillent à l’extérieur du foyer, l’école se voit confier un rôle plus lourd que jamais dans l’éducation de la jeunesse.
Quand j’ai vu ma petite-fille Josée monter à l’estrade pour recevoir son diplôme, je me suis rappelé d’une collation des grades, à l’Université Carleton, il y a plusieurs années. J’y recevais mon diplôme en administration publique. La cérémonie avait lieu à l’extérieur, par un beau jour de mai. On avait érigé sur la place une estrade pour cette grande occasion et mes parents étaient dans l’auditoire. J’ai reçu mon parchemin des mains d’un homme célèbre, Lester B. Pearson, qui était alors chancelier de l’Université. Il me semblait, à ce moment, voir mon père, un libéral teint en rouge depuis toujours, léviter à deux pieds du siège de sa chaise, lui qui avait à peine complété une troisième année.
Il en était ainsi dans la Salle Southam. Les parents et amis des diplômés lançaient à toute voix une acclamation de joie quand leur enfant montait à l’estrade. Et c’est très correct, parce que, comme le faisait remarquer M. Rock, beaucoup de sacrifices et de travail avaient conduit ces jeunes et leurs parents à ce départ dans leur profession de choix.
Mon fils et son épouse étaient tout aussi fiers. Pour eux, comme pour moi, le grand-père, c’est l’aboutissement de plusieurs années d’étude pour Josée, mais c’est aussi le début d’une carrière et un plongeon dans la vie d’adulte.
Fini les beaux jours d’étudiant, fini les manuels, et souvent fini aussi les amitiés forgées dans les salles de classes. C’est la vraie vie qui commence.
On ne peut que souhaiter le succès mais aussi la joie de préparer, à son tour, la voie des enfants à qui ils dispenseront connaissances et amour de l’étude. Un enrichissement indéniable!
