Avec l’arrivée des baby-boomers à l’âge de la retraite, on parle beaucoup de cette question. Il n’y a pas si longtemps, à l’émission Pour tout l’amour du monde, avec Ginette Gratton, un groupe a discuté longuement de la retraite. Ce mois-ci, le Reader’s Digest publie un article sur le sujet : «Do you fear retirement?»
On se préoccupe donc beaucoup de ce phénomène par les temps qui courent, parce que dans les prochains dix ans, un nombre toujours grandissant de personnes va atteindre l’âge de la retraite. Les chercheurs disent que plus de 40% des gens ont peur de voir arriver ce moment fatidique dans la vie de tous.
Pour ma part, je n’ai jamais aimé ce mot de «retraite». C’est un mot à consonance militaire et négative. En effet, le mot désigne un recul face à l’ennemi, donc une espèce de défaite. Pourtant, quand on a travaillé toute sa vie d’adulte, on devrait pouvoir quitter le marché du travail la tête haute, pas en «retraite».
Quand on a fondé le groupe Retraite en action, on a cherché pendant plusieurs semaines à trouver un autre mot que celui-là. C’est un départ, c’est un aboutissement, c’est prendre sa pension, c’est un nouvel élan. Bien oui, mais ce n’est pas tout le monde qui part avec une pension; pour plusieurs, justement, il y a cette peur de se voir arriver à une nouvelle étape de la vie et de ne pas pouvoir rejoindre les deux bouts.
Pour d’autres, c’est une délivrance, parce qu’ils ont détesté leur emploi pendant toute leur carrière. Enfin, d’autres, qui disent adorer leur emploi, voient ça comme un renvoi, une mise à l’écart alors qu’ils se sentent parfaitement capables de continuer à travailler.
Parlons donc de la retraite. Je pense que beaucoup ont cette peur parce qu’ils entrent dans la dernière étape de leur vie, et ils acceptent mal de vieillir. Alors pourquoi ne pas aborder ça comme un nouveau départ? Un moment où on atteint une nouvelle liberté? Liberté de faire des choses qu’on a toujours voulu faire mais il semble qu’on n’avait jamais le temps de s’y mettre. Pourquoi ne pas voir la chose comme une belle occasion de changer son style de vie, d’envisager de nouveaux défis et de le faire sans la contrainte d’un patron qui nous pousse dans le dos?
Le grand problème, c’est que peu de gens se préparent à la retraite. Ils n’osent même pas y penser. Mais les sages commencent à planifier leur retraite au moins cinq ans avant l’événement. Je me souviens d’un copain de travail de mon père qui avait peur de la retraite comme de la peste. Tellement que le lendemain de son premier jour de retraite, il en est mort.
Un cas extrême, bien sûr, mais beaucoup voient la retraite comme une mise au rencart : ils sont perdus, ne savent que faire et laissent filer ces jours de liberté totale sans pouvoir se réorienter de nouveau.
C’est qu’ils ont refusé de se faire un plan de retraite. Pour une retraite heureuse, il faut se trouver des intérêts nouveaux. Beaucoup se lancent dans le bénévolat. M. Obama, dans un de ses discours, a encouragé les Américains à prendre cette direction. C’est une façon de prendre les choses en main, de faire quelque chose pour les autres, de rester utiles et un membre actif de la communauté.
Bien sûr, c’est aussi le temps des voyages, de se lancer sérieusement dans un passe-temps qu’on aime, de prendre un soin plus attentif de sa santé, de se faire de nouveaux amis, enfin, de mener une vie active.
C’est là la meilleure façon de repousser les inévitables pertes que nous apportent un âge plus avancé. C’est la meilleure façon de vivre heureux, à faire à sa guise et de vivre la vraie liberté.
