Au nom de ses 9500 membres en Ontario, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens joint sa voix à celle d’autres organismes francophones pour déplorer la nomination d’un chef de pompiers anglophone unilingue à la Ville d’Ottawa. En faisant fi de sa propre politique sur le bilinguisme pour une nomination à un poste aussi important, la Ville fait preuve d’un manque de respect envers sa population de langue française et l’oblige encore une fois à revendiquer des droits pourtant déjà reconnus. En laissant entendre que la capacité d’une candidate ou d’un candidat de s’exprimer en français et en anglais ne constitue pas une qualification importante pour un poste de ce genre, la Ville envoie aussi un bien drôle de message à tous les élèves, qu’ils soient francophones ou anglophones, qui cherchent à se donner des compétences dans les deux langues officielles du pays. De par son statut comme Capitale nationale, la Ville d’Ottawa devrait assumer un rôle de leadership en matière de bilinguisme. Elle devrait servir de modèle à d’autres villes, au Canada et ailleurs dans le monde, qui ont à desservir leur population dans plus d’une langue. Or, les entorses de ce genre mettent sérieusement en doute l’engagement du conseil municipal envers le bilinguisme et semblent confirmer le constat du rapport Leblanc par rapport au peu d’enthousiasme de la bureaucratie municipale à endosser les principes de la politique de bilinguisme de la Ville. Le regretté Jean-Robert Gauthier soutenait que seul un amendement constitutionnel faisant d’Ottawa une ville officiellement bilingue garantirait à la population francophone une place à part entière dans la Capitale du Canada. La Ville d’Ottawa vient encore une fois lui donner raison.
Benoit Mercier, présidentCourrier du lecteur
Lettre ouverte aux membres du conseil municipal de la Ville d’Ottawa au sujet de l’embauche d’un chef pompier unilingue
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