À lire les journaux et à écouter les bulletins d’information ces temps-ci, certains d’entre vous pourraient être tentés d’annuler leurs plans de vacances, cet été. Au lieu des vacations, on pourrait privilégier les staycations, ce phénomène né il y a quelques années qui consiste à rester à la maison et à profiter des attractions locales durant ses vacances.
Crise économique, pandémie de grippe, taux de change peu avantageux, nécessité de présenter le passeport à la frontière américaine… Tous des facteurs qui nous font regretter que le parc aquatique Calypso n’ouvre pas ses portes avant une autre année. N’aurait-il pas été agréable et paisible de passer l’été sur le bord de la piscine à vagues?
Blague à part, cette grippe, porcine ou A/H1N1, appelons-là comme on veut, ne pouvait pas tomber à un pire moment. Alors que plusieurs entreprises oeuvrant dans le secteur du tourisme craignaient déjà une année misérable, en plein cœur d’une récession mondiale, voilà que ce virus vient jouer les trouble-fêtes.
Au Mexique, la situation ne fait que dégénérer depuis deux semaines. La grippe pourrait coûter au pays jusqu'à 0,5% de son Produit intérieur brut (PIB), soit quelque 5 milliards de dollars, selon le ministre des Finances et les experts du secteur privé. Les restaurants et cafés de Mexico devaient rouvrir aujourd’hui, après avoir été fermés pendant 10 jours.
N’empêche, cette pandémie (c'est-à-dire une épidémie qui frappe des êtres humains à grande échelle dans plusieurs pays du monde) a été drôlement amplifiée par les médias. Il s’agit en fait de la première fois dans l’histoire de l’Humanité où l’on est capable, en temps presque réel, de suivre l’évolution d'un virus.
Il ne faudrait toutefois pas tomber dans la paranoïa. Sans aller déguster votre filet de porc dans un café du centre-ville de Mexico City, il y a quand même moyen de ne pas annuler tous vos déplacements en Amérique centrale ou même ailleurs dans le monde.
Sur 30 millions d’habitants au Canada, on n’a réussi qu’à déceler une centaine de cas, dont un seul s’est avéré grave, à l’écriture de ces lignes. Pas de quoi paniquer… Pourtant, dans les médias, la grippe a pris toute la place, devançant même tout ce qui touche la crise économique, les 100 jours d’Obama à la présidence et l’élection officielle du nouveau chef du Parti libéral. C’est Bob Gainey qui doit être content que les cochons passent en premier; sinon, on parlerait sûrement encore des piètres performances de son club.
* * * * *
La situation financière précaire de plusieurs Canadiens leur fera peut-être remettre en question leurs projets de vacances, cet été. La grippe n’a pas encore causé la mort de la crise économique. Nous sommes toujours bel et bien en récession, au moins jusqu’à la fin de l’an prochain, selon les spécialistes qui, au cours des derniers mois, ont rarement eu raison, de toute manière.
Que nous reste-t-il, donc? Sans argent et avec le risque (!) de contracter une maladie nouvelle et dangereuse, que ferons-nous, pour nos vacances?
La solution à adopter est la même pour les deux problèmes, soit la grippe ou la crise économique : avoir confiance… avec prudence. Certes, notre pouvoir d’achat peut être affecté. Mais il faut avoir confiance en l’économie. Assurément, la prospérité reviendra, et c’est justement en ayant confiance et en injectant massivement de l’argent dans l’économie, locale, nationale ou mondiale, que la situation se rétablira. Tout en restant prudent, bien entendu.
Même chose pour la grippe. Les mesures mises en place partout à travers la planète ne sont pas sans faille, mais elles sont suffisantes pour qu’on vaque normalement à nos activités. N’ayez pas peur de voyager, ne remettez pas vos plans en question. Toutefois, gardez en tête les risques et les moyens de prévenir la contagion.
Bref, cet été, faites ce que vous aviez prévu. La vie est trop courte pour ne pas en profiter pleinement.