Cessez de vous en faire…



Cessez de vous en faire…

Cessez de vous en faire…

Publié le 12 Mars 2009
Publié le 18 Février 2010
 
Sujets :
OC Transpo , Église , Ottawa , Londres , Madrid

C’est hier que le conseil municipal d’Ottawa devait se prononcer sur la campagne publicitaire faisant la promotion de l’athéisme sur les autobus d’OC Transpo. Au moment d'écrire ces lignes, il n'était pas possible de connaître leur décision. Mais en tant que défenseur du droit à la liberté d’expression, je continue de croire que les conseillers devraient l’approuver.

La campagne en question a fait couler beaucoup d’encre partout où il en a été question : Londres, Madrid, Rome, Toronto, Calgary, Halifax, Montréal, et maintenant, Ottawa. En gros, il s’agit de grands panneaux sur lequel il est inscrit : «Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez de vous en faire et profitez de la vie.»

Derrière cette campagne, la Britannique Ariane Shering. En proposant une telle publicité, Mme Shering a tout simplement voulu répondre à une autre campagne dont elle avait été témoin, en juin dernier.

Celle-ci présentait des citations de la Bible, comme par exemple «Jésus est mort pour nos péchés», en plus de l’adresse d’un site Web, où l’on pouvait lire des déclarations comme : «Tous les non-chrétiens vont brûler en enfer pour l’éternité dans un lac de feu».

Alors elle a décidé, en toute légitimité, de créer un message positif, qui dit exactement le contraire.

Pour moi, qui ne suis ni totalement athée, ni tout à fait croyant (je crois en une force quelconque, au-delà des humains, mais je ne peux la catégoriser comme étant Dieu), l’hypermédiatisation de ces affiches publicitaires n’a même pas lieu d’être. Le débat devrait être clos depuis longtemps : ces publicités peuvent choquer, oui, mais en aucun temps ne portent-elles un préjudice quelconque à qui que ce soit.

Censée rassurer les non-croyants, Ariane Shering s'est plutôt attirée les foudres d'associations chrétiennes qui demandent la suppression de toutes les affiches publicitaires niant l'existence de Dieu. Elles demandent de censurer, donc.

Pourtant, d’autres croyants ont plutôt choisi de se servir de cette publicité pour se questionner sur le message qu’envoie la chrétienté au reste du monde. C’est le cas de ce bloggeur américain, par exemple, qui écrit : «(La publicité) devrait nous faire réfléchir sur l’image que nous projetons pour les non-chrétiens. La créatrice de cette publicité a été très claire à propos de la façon dont la chrétienté lui était présentée, et elle n’est pas la seule. Sans organisation, des dons de plus de 140 000£ (248 000$) ont donné à cette campagne autant de visibilité que la plus grande des campagnes pro-chrétienté. […] Ce qui frappe le plus, c’est que plusieurs personnes voient probablement les croyants comme des rabat-joies. […] Cela nous démontre un défi réel de présenter une image positive de la foi.»

Si vous voulez mon avis, avant de pouvoir montrer une image positive, l’Église devra amorcer un questionnement sur ses doctrines et sur la pertinence de ce conservatisme qui la caractérise, surtout au sein de ses têtes dirigeantes.

Une histoire qui a secoué le Brésil, cette semaine, ne redorera certainement pas le blason du Vatican. Une fillette de neuf ans a été violée par son beau-père, et elle est tombée enceinte de jumeaux. Au Brésil, pays qui adopte une attitude conservatrice en termes d’avortement, une femme ne peut interrompre sa grossesse légalement que dans deux situations : en cas de viol, et si la vie de la mère est en danger.

Malgré cela, l’archevêque de Recife, dans le nord-est du pays, a tout de même excommunié la jeune fille de neuf ans, de même que l’équipe médicale qui a procédé à l’avortement. Le beau-père, lui, n’a pas été excommunié.

L’évêque en question a été fortement critiqué par le président Lula. Mais le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican, en a ajouté, en début de semaine, affirmant que «le viol est moins grave que l’avortement».

Si Dieu existe, il faudra qu’il me l’explique, celle-là… En attendant, je vais tout simplement arrêter de m’en faire. Et profiter de la vie.

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