Je suis professeur universitaire, docteur en communication et dirige un centre dédié aux technologies. Nommée « chercheuse étoile du Québec » en novembre, tout le gratin saluait mes travaux et brevet de formation groupale sur jeu vidéo : mon cerveau alors, valait cher. 21 000$ de prêts étudiants remboursés à 9% de taux d’intérêt, soit quatre fois le taux directeur. Depuis, au risque de mon emploi, il décote : devenue hors-la-loi, je manifeste, je mobilise, je prends position. Ma conscience m’impose une désobéissance civile pacifique ciblée, comme citoyenne et jeune politicienne, étant candidate députée pour Option Nationale (ON) dans Bertrand. Créé par le député économiste Jean-Martin Aussant, ON est l’unique parti activement souverainiste. ON explose sur les réseaux sociaux, car voter pour nos députés revient à obtenir la souveraineté, abandonnée par le PQ.
Je tairai le mépris et la manipulation grossiers de ce gouvernement envers la jeunesse du Québec : il vise le dénigrement médiatique à tout prix des étudiants à des fins électorales. Se dire « ouvert aux négociations » exactement quand on les rompt est indigne; les leaders étudiants ont été plus grands. Les litigieux articles 9,13, 31, 32 et 35 de la loi78, que Charest se garde d’aborder, sentent la République bananière. Mais comment prémunir la population moins critique contre ces tactiques? La crise a révélé une collusion médiatique à haut niveau avec les libéraux. L’opposition intellectuelle doit se lever quand gouvernements, médias étrangers, l’ONU comprise, inquiets des « poutines législatives » de Charest, sans être dupes de ce qu’on tait ici.
La gratuité est possible
Or, Option Nationale offre des solutions concrètes, économiquement viables, pouvant servir de pont : la question des frais de scolarité se règle déjà facilement. La gratuité scolaire est possible sans toucher aux impôts, grâce à la souveraineté : abolir le double rapport d’impôts au fédéral économise 800 millions$, la gratuité en coûte 400. Le savoir rapportera : une population diplômée a de meilleurs salaires et contribue davantage fiscalement. Imposer aux étudiants ayant profité de cette gratuité, en médecine par exemple, un « service-retour à la collectivité » tel que 5 ans en région, assurerait plus de médecins et limiterait la migration des cerveaux en offrant une couverture médicale aux secteurs mal desservis. Le système électoral québécois pose problème : est élu le plus fort score à l’élection, même s’il représente seulement le quart de la population. Ainsi, plusieurs partis récolteront les mécontentements anti-libéraux aux prochaines élections. Avec la division des votes, les Verts, Québec solidaire et Option Nationale réduiront le score plus élevé du PQ, à 35%, alors qu’ensemble, ils dépasseraient 40%. Or, à 5 % près, la CAQ, cette pseudo opposition dont le financement scandaleux rappelle déjà les libéraux qu’elle soutient, risque de doubler le PQ. Je me retirerais si la division des votes prévaut pour éviter que ma campagne nuise à la cause que je défends dans ma circonscription : la souveraineté doit prévaloir sur tout intérêt partisan, quand sa légitimité est mondialement comprise. Car il existe une alternative synergique.
La majorité par une alliance
J’appelle tous les partis d’alternance à former une Alliance autour d’un programme simple, unique : la souveraineté. Elle nous garantira la majorité quoiqu’on fasse. 4 ou 5 points communs peuvent enrichir notre programme sans fâcher personne, par exemple : le développement durable (révision du Plan nord, inventaire de nos ressources naturelles, coffre-fort de notre avenir, à gérer par optimisation et non pillage) ; le gel des frais de scolarité et la tenue d’États généraux en Éducation; l’amélioration de l’offre en santé en visant idéalement le doublement des médecins sous dix ans; des mesures de stimulation économique dont une Banque du Québec (BQ), garante de nos richesses naturelles et soutenant les entreprises citoyennes; et davantage de transports en commun. Reste à définir quel député représentera cette Alliance par circonscription. Obtenir ainsi 7 députés à Québec Solidaire; 55 députés péquistes et 3 d’Option Nationale, seraient une victoire pour tous. Ne « coûtant » que 10 circonscriptions au PQ, cela lui assure la majorité. Présentons aussi « un plan d’affaire clair préalable » au vote pour notre pays, avec une planification des étapes fondatrices de la Nation, un modèle de constituante... des modèles existe. La souveraineté est nécessaire parce que la richesse ne revient pas aux gens d’ici. Quand nous chiffrerons nos ressources naturelles, les milliards exportés au profit du Canada et d’intérêts étrangers finiront par nous convaincre. Aussant présentait hier sa viabilité économique au Ministre des finances, tous les chiffres à l’appui : les chiffres persuadent quand les mots échouent. La population est psychologiquement prête et réclame du changement. Les risques d’échec sont faibles, car unis, les résultats seront toujours meilleurs, que séparés. La souveraineté rejoint déjà les coeurs militants du PQ, Québec solidaire et Option Nationale, qui peuvent comprendre l’importance d’une stratégie d’union temporaire, mais gagnante pour tous, tout en restant nous-mêmes. Et vous, les Verts? Si nous gérions nous-mêmes nos ressources, eaux, forêts, réseaux de transport et choix énergétiques?
Un référendum virtuel à la Saint-Jean
L’Alliance offrira une forte majorité au premier gouvernement transitoire, jusqu’au vote du projet constitutionnel pensé ensemble. Une mise sur pied de la Nation en deux temps éclairera la population sur une transition douce avec maintien du fonctionnement québécois actuel sur une année fiscale ou deux, en louant les services canadiens jusqu’au traité économique bilatéral établi avec le Canada. Notre représentation auprès des autres nations et organismes tels l’ONU sera effective immédiatement. Les députés étudieront la proposition constitutionnelle à soumettre au vote de la Nation et repenseront les institutions, en ajoutant possiblement une Banque du Québec, une chaine nationale, etc. Un inventaire des ressources naturelles préviendra toute hémorragie d’exportations indues. Des ministères modernes favorisant des recettes fiscales, en Innovation technologique et numérique par exemple, pourraient soutenir savoir-faire québécois, initiatives d’entreprise et brevets. L’inventivité est notre force : notre culture l’illustre avec des symboles comme le Cirque du soleil, Juste pour Rire, etc. Et pour vous convaincre, ON lance un référendum virtuel à la Saint-Jean : votez en nombre sur www.auvote.com. Bref, le PQ doit viser la souveraineté par alliance pour ne pas revivre 2007 : le moment opportun, on y est! La réussite impose une réactivité stratégique quand l’histoire s’écrit. La population, écoeurée des corruptions (76 déjà listées sur www.libéraux.net), veut assumer son destin : pacifique, mais déterminée, elle n’est ni passéiste, ni conservatrice, ni anglo-saxonne : elle est culturellement unique, chaleureuse, québécoise. Québec, debout! La souveraineté, c’est maintenant ou jamais. Samuelle Ducrocq-Henry

