L’Express présente des chroniques historiques écrites en collaboration avec l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost, dans l’esprit des États généraux de la francophonie, afin de tracer un portrait de la francophonie de la capitale à travers le temps et les empreintes qu’elle a laissées et laisse encore dans le paysage ottavien.
« Heureusement, des citoyens se mobilisent pour préserver le patrimoine bâti du secteur et au début des années 80, quelques districts de conservation des biens culturels sont créés par la Ville d’Ottawa, en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario », souligne l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost.
Le plus petit d’entre eux et sans nul doute le moins connu demeure celui de l’avenue Sweetland, qui regroupe plusieurs maisons entre l’avenue Laurier et la rue Osgoode. Cet îlot patrimonial s’avère un bel exemple de la fusion de plusieurs styles architecturaux de maisons en rangée et unifamiliales de la Côte-de-Sable, un quartier recherché par la bourgeoisie ottavienne au tournant des années 1900.
Style Second EmpireToutes les maisons du district de conservation sont en briques, à l’exception d’une seule, la Maison Simard, qui s’avère également la plus ancienne demeure de l’avenue.
Cette habitation en bois, située au 31, avenue Sweetland, est construite en 1884 pour loger la famille d’Olivier Simard. À l’origine, elle possède un toit en mansarde, des lucarnes et une fenêtre en saillies dans la devanture. La tour exhaussée jusqu’à l’étage qui attire le regard constitue un ajout ultérieur.
« Ce beau cottage de style Second Empire indique que la classe ouvrière francophone plus aisée de la capitale ne reste pas indifférente aux modes architecturales de l’époque », remarque l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa.
Style Queen AnneÉrigées vers 1890, les résidences en briques qui lui font face se distinguent par leurs riches ornementations des corniches, des pignons et des grandes galeries.
« Toutes ces dentelures en bois qui caractérisent le style Queen Anne donnent un cachet très attrayant à ce bout de rue », souligne M. Prévost.
Enfin, il ne faut pas oublier les maisons en briques rouges de l’extrémité sud du district, vers Osgoode, construites au début du 20ème siècle et qui reflètent bien le style classique de l’époque édouardienne, soit sous le règne d’Édouard VII.
« Bref, le district de conservation de l’avenue Sweetland et particulièrement la Maison Simard, présentement en restauration, s’avèrent vraiment un joyau de notre patrimoine à découvrir », conclut l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa.
M. Prévost, rappelle qu'il offre des visites guidées du quartier de la Côte-de-Sable durant les beaux jours pour les groupes de 10 personnes et plus.
Pour réserver une visite, composez le 613-562-5825 ou envoyez un courriel à michel.prevost@uottawa.ca.

