L’Express présente des chroniques historiques écrites en collaboration avec l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost, dans l’esprit des États généraux de la francophonie, afin de tracer un portrait de la francophonie de la capitale à travers le temps et les empreintes qu’elle a laissées et laisse encore dans le paysage ottavien.
« Nous n’avons réussi à retracer qu’une seule résidence protégée liée aux francophones dans le même secteur. La Maison Dewdney-Lemieux, sise au 263, rue O’Connor », révèle l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost.
Cette résidence, construite en 1880, constitue un très bel exemple de l’architecture de style Queen Anne dans la capitale.
L’imposant édifice de brique rouge se distingue par la disposition irrégulière de ses vérandas, ses pignons, ses portes et ses frontons, ainsi que par ses lucarnes à pignons dotées de riches boiseries et ses grandes cheminées. Les panneaux décoratifs en terre cuite ornés notamment de soleils levants, de motifs de roue et d’arbres en fleur, attirent le regard des passants.
« Il n’y a pas de doute que cette maison bourgeoise affiche bien l’opulence de ses propriétaires », souligne l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa.
Deux personnages marquantsDeux grandes personnalités canadiennes occupent les lieux, au fil des temps.
Le premier, Sir Edgar Dewdney fut lieutenant-gouverneur pour les Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique. Le deuxième, Rodolphe Lemieux, en fait son domicile familial de 1908 à 1933.
Ce francophone imminent occupe plusieurs postes au niveau fédéral, dont celui de ministre du Travail, de ministre des Postes et de ministre de la Marine. Il est également appelé à occuper les fonctions de solliciteur général du Canada et de président de la Chambre des communes de 1922 à 1930. Par la suite, il siège au Sénat où il reste jusqu’à sa mort, survenue sept ans plus tard.
« Dans sa jeunesse, lorsqu’il fréquente l’Université d’Ottawa, on dit que Rodolphe Lemieux préfère aller écouter les débats aux Communes que d’étudier. Cela dit, ses absences ne semblent pas avoir nui à sa carrière, au contraire c’est sans doute là qu’il a acquis ses grands talents d’orateur », remarque Michel Prévost.
La Maison Dewdney-Lemieux est aujourd’hui protégée pour les générations à venir puisqu’elle est désignée en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario.
L'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost, rappelle qu'il offre des visites guidées pour découvrir le patrimoine franco-ontarien de la Ville d’Ottawa pour les groupes de 10 personnes et plus.
Pour réserver une visite, composez le 613-562-5825 ou envoyez un courriel à michel.prevost@uottawa.ca.

