« L'un des plus beaux lieux de la ville à découvrir », selon les termes Michel Prévost, porte en lui l'histoire de la présence francophone à Ottawa.
La basilique-cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, communément appelée la cathédrale Notre-Dame, témoigne de la participation des francophones à la construction de la ville qu'est devenue, aujourd'hui, Ottawa.
Le plus ancien lieu de culte d'Ottawa
« C'est un bâtiment symbolique pour les francophones, car c'est l'un des plus anciens témoins de leur présence. De plus, c'est l'un des plus beaux joyaux du patrimoine religieux et bâti d'Ottawa », explique M. Prévost.
Deux ans seulement après l'arrivée des francophones pour construire le canal Rideau, la petite communauté crée un comité afin de pouvoir bâtir une chapelle catholique.
Sur le site de l'actuelle cathédrale, cédé par le colonel John By, est alors érigée une petite chapelle en bois, en 1832.
Rapidement trop petite pour accueillir les communautés irlandaise et francophone qui la fréquente, elle devient un édifice en pierres. Lorsque les travaux commencent en 1841, les fidèles sont loin de se douter que six ans plus tard, elle deviendra une cathédrale avec la création du diocèse de Bytown.
« Le premier évêque du diocèse, Joseph-Bruno Guigues, essaie de regrouper et de réconcilier les deux communautés au sein d'une paroisse bilingue, raconte M. Prévost. C'est d'autant plus important que son diocèse est immense, puisqu'il va des deux côtés de la rivière. Le diocèse de Hull ne sera créé qu'en 1963 ».
Un travail de plusieurs années
La construction extérieure de la cathédrale durera jusqu'en 1865. L'architecte Damas Dandurand réalise en 1858 deux tours jumelles hautes de 54,9 mètres, ce qui représente une prouesse pour l'époque.
Le parlement ne domine pas encore la colline voisine et la cathédrale règne en maître sur l'horizon de la basse-ville d'Ottawa.
Faute de moyens financiers, l’édifice devra toutefois patienter pour jouir d'une décoration intérieure à la mesure de sa majestueuse façade.
« Les paroissiens étaient très pauvres, donc pendant longtemps, l'intérieur était très dépouillé, un peu comme les cathédrales européennes ».
Sous la direction du chanoine Georges Bouillon, entre 1876 et 1885, elle est finalement aménagée dans un style néogothique, avec l’aide des plus grands ébénistes et sculpteurs de l'époque, comme Louis-Philippe Hébert, Philippe Pariseau et Flavien Rochon.
« Ils ont fait un travail remarquable, notamment la voûte étoilée et les 17 vitraux qui ont été remplacés, entre 1956 à 1961, par des verrières historiées de Guido Nincheri ».
La cathédrale accueille également un orgue Casavant de 1849 constitué de 4 000 tuyaux.
La cathédrale devient basilique
En 1879, la cathédrale devient basilique. La Ville d’Ottawa la reconnaît comme monument historique, en 1978. Puis, en 1990, c’est la Commission des lieux et monuments historiques du Canada qui lui accorde le titre de lieu historique national.
La basilique-cathédrale Notre-Dame a inspiré de nombreux ouvrages, dont le livre écrit par Norman Pagé, que recommande M. Prévost, « La cathédrale Notre-Dame d’Ottawa », paru en 1988 aux Presses de l’Université d’Ottawa.
La basilique-cathédrale s’offre également à l’appétit des curieux qui peuvent en faire la visite guidée, seul ou en groupe, de la mi-mai à la mi-octobre, ou la visite virtuelle à http://notredameottawa.com.
