À 150 jours du début des Jeux olympiques de Vancouver, le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a indiqué dans un rapport rendu public mardi que des lacunes importantes existaient toujours concernant l’offre de services bilingues et que le temps commençait à presser si l’on veut corriger le tir.
Selon M. Fraser, le comité organisateur des Jeux (COVAN), Patrimoine canadien de même que les diverses institutions fédérales ont déjà pris des dispositions afin d’accueillir les visiteurs et les athlètes dans les deux langues officielles. Cependant, «plusieurs éléments cruciaux ne sont toujours pas en place», estime le commissaire, et il ne reste que cinq mois avant le début des célébrations.
«Les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver sont une occasion en or de présenter la dualité linguistique canadienne, a déclaré M. Fraser. Toutefois, cela n’est possible que si les mesures nécessaires ont été prises à l’avance par le COVAN et les institutions fédérales pour offrir aux visiteurs canadiens et étrangers des services bilingues de qualité. Très souvent, les employés qui servent le public sont bilingues, mais accueillent les visiteurs en anglais seulement.»
Dans son plus récent rapport, le commissaire rappelle au COVAN que des efforts doivent être déployés dans le recrutement et dans l’encadrement des bénévoles, dans la signalisation, dans la programmation culturelle et dans la traduction. Selon lui, un manque de fonds expliquerait les lacunes dans ces domaines.
« On attend toujours un déblocage des ressources pour la traduction, toujours insuffisantes, alors que j’ai insisté sur ce point au mois de décembre 2008. Étant donné l’urgence et l’importance de cet enjeu, il est grand temps que le COVAN et Patrimoine canadien trouvent sans tarder une solution à ce problème, a dit M. Fraser. Je crains que seule une partie de la documentation rendue disponible au public et aux athlètes soit traduite, faute de budget.»
Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, n’a pas pris de temps pour réagir à ces propos. Celui-ci a annoncé qu’il injectait 7,7 millions $ de plus dans les Jeux olympiques, afin d’assurer un événement complètement bilingue. Quelque 5,3 millions $ provenant de cette bonification seront dirigés vers les services de traduction et d’interprétation.
La dizaine d’institutions fédérales évaluées dans le rapport Fraser font également piètre figure en matière de bilinguisme, notamment en ce qui concerne les services aéroportuaires.
Alors que des services dans les deux langues officielles devraient y être obligatoires, le commissaire note qu’ils n’ont été disponibles que dans 43% des cas au contrôle de sécurité de l’aéroport de Vancouver, 23% des cas aux comptoirs d’Air Canada et 10% des cas pour les services sous la responsabilité des autorités aéroportuaires. Les services en français à l’aéroport Pearson de Toronto, où une grande partie des voyageurs feront escale en route vers Vancouver, laissent aussi à désirer.
Du côté plus positif, M. Fraser constate que les employés de Parcs Canada, de la Société canadienne d’hypothèques et de logement et de Service Canada sont presque toujours en mesure d’offrir un service bilingue. «Cependant, ces institutions doivent s’assurer que tous leurs employés accueillent les visiteurs dans les deux langues officielles pour leur indiquer qu’un service bilingue est disponible», a conclu le commissaire.