Les femmes francophones d'Ottawa vont faire entendre leurs voix. Elles se sont données rendez-vous vendredi le 24 septembre pour une marche nocturne à l'initiative du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), un organisme féministe, géré par et pour les femmes.
Selon la coordonnatrice des services de prévention et de sensibilisation du CALACS, Josée Laramée, cette 30e marche nommée «La rue, la nuit, les femmes sans peur», organisée contre la violence faite aux femmes, sera précédée d'un rassemblement à 18h devant le Monument des femmes, parc Minto, au coin des rues Elgin et Guilmour. Sur place, selon le programme, un discours sur les 31 ans de marche et tambours autochtones sera prononcé.
La marche, qui commencera à 18h45, se terminera à l'Université d'Ottawa. Le CALACS demande aux manifestantes d'apporter des objets qui font du bruit (casseroles, sifflets, tam-tam). L’organisme assure qu'un autobus adapté sera disponible pour les personnes qui ne peuvent pas faire de longs trajets à pied. Une foire d'information et un rafraichissement sont également prévus sur place, à l'Université d'Ottawa.
Chaque année depuis plus de 30 ans, les femmes et les enfants de la communauté se regroupent et marchent dans les rues pour protester contre la violence dirigée contre eux. Des milliers d’autres groupes à travers le Canada marchent dans leurs villes et leurs villages respectifs pour exiger de mettre un terme aux diverses formes d’agressions sur les femmes.
«Même si toutes les femmes peuvent être des victimes, il est vital de reconnaître la vulnérabilité supplémentaire des femmes handicapées, des femmes de couleur, des femmes pauvres, des lesbiennes, qui essaient de vivre leur vie dans la sécurité et la dignité», souligne le communiqué de l'organisme.
«Nous marchons le soir afin de démontrer que c’est seulement lorsque nous sommes en grand nombre qu’on peut se sentir en sécurité, sans violence», renchérit Mme Laramée. Seuls les femmes et les enfants sont attendus à cette manifestation, «parce que se sont eux qui ne sont pas en sécurité lorsqu’ils marchent dans les rues la nuit».
La violence à l'égard des femmes ne cesse d'augmenter à Ottawa. Dans un rapport publié en mai 2009 et intitulé À l’abri des regards : prévalence de la violence faite aux femmes à Ottawa, un autre organisme, la Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes (COCVFF), indique qu’en 2007, le Service de police d’Ottawa (SPO) a répondu à 1372 appels liés à la violence familiale où des accusations ont été portées ou des mandats requis. Selon le même document, de janvier à septembre 2008, le SPO a répondu à 1068 cas similaires. De ces 2440 cas de violence conjugale, souligne le rapport, 2168 hommes ont été accusés, ce qui représente 89% de tous les cas de violence familiale.
Le CALACS milite pour la justice sociale, lutte contre les agressions à caractère sexuel et offre des services multiples aux femmes de 16 ans et plus d’expression française ayant vécu de l’agression à caractère sexuel. La prévention et la sensibilisation au sein de la communauté font partie intégrante de son engagement.
