L’entêtement de Stephen Harper



Publié le 19 Novembre 2009
Publié le 18 Février 2010
 
Sujets :
Conférence des Nation Unies , APEC , ONU , Copenhague , Canada , Danemark

La 15e Conférence des Nation Unies sur le changement climatique s’ouvrira dans moins de trois semaines à Copenhague, au Danemark, et déjà, on sait que rien de concret ne sera fait par les pays du monde pour tenter d’enrayer ou du moins minimiser l’impact de la plus grande menace du XXIe siècle.

Comme à Poznan en 2008, Bali en 2007, Nairobi en 2006 – la liste est longue –, on peut s’attendre à des déclarations hésitantes des chefs d’État du monde entier, ceux des pays développés exigeant des engagements de ceux des pays en voie de développement, et vice-versa. Comme si nous, petit peuple, étions les seuls à être au fait de l’urgence d’agir! À Singapour cette fin de semaine, lors du sommet de l’APEC, organisation formée par les pays de la zone Asie-Pacifique (dont le Canada et les États-Unis), MM. Obama et Harper ont signalé leur scepticisme face à une entente légalement contraignante pouvant émerger du sommet de Copenhague.

Pendant que la planète tente de trouver un substitut au protocole de Kyoto, qui viendra bientôt à échéance, les deux hommes ont déjà tué dans l’œuf une discussion qui s’étendra sur 12 jours et qui réunira des dirigeants de 192 pays. Bravo.

La palme revient toutefois à Stephen Harper, qui a suggéré de faire un pas en arrière, afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble de la situation.

Faire un pas en arrière? Pourquoi ne pas annoncer des subventions pour la construction de centrales au charbon, tant qu’à y être! Ou encore des tarifs préférentiels d’électricité aux compagnies qui font l’extraction de sables bitumineux!

La réputation du Canada à l’international vient d’en prendre un autre coup. Déjà, à la fin septembre, ce cher Monsieur Harper avait encore une fois fait «honneur» aux citoyens canadiens, à l’occasion d’un mini-sommet convoqué par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU et en vue de la conférence de Copenhague.

Une centaine de dirigeants internationaux prenaient part à cette réunion. Barack Obama, Gordon Brown (Grande-Bretagne), Nicolas Sarkozy (France), Hu Jintao (Chine). Tous les plus grands leaders de la Terre ont pris part aux discussions. Qui représentait le Canada?

Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice. Je vous entends déjà soupirer : «Mon Dieu, Stephen Harper a dû avoir une urgence incroyable pour ne pas être à la même table que tous ces chefs d’État?»

En effet. Il avait rendez-vous avec le maire de New York, Michael Bloomberg, le richissime homme d’affaires ayant succédé à Rudolph Giuliani en janvier 2002.

Remarquez, peut-être Stephen Harper a-t-il pris des conseils de M. Bloomberg. Au printemps 2007, le maire de New York avait en effet promis une réduction de 30% des émissions de gaz carbonique d'ici à 2030 dans sa ville. Il avait notamment décidé de mettre en œuvre une politique de rénovation énergétique des gratte-ciel, de plantation d'un million d'arbres et d'instauration d'un péage pour les véhicules pénétrant dans Manhattan.

Mais peu importe, Harper aurait dû être présent à cette table. Cette autre frasque du plus haut dirigeant du pays avait attisé la colère de nombreux observateurs, dont le chroniqueur de Transcontinental et porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbault. Celui-ci avait noté que l’attitude de Stephen Harper démontrait «l'absence d'intérêt du premier ministre du Canada envers les changements climatiques».

Difficile de le contredire. Surtout qu’on dirait que Harper prend tous les moyens possibles pour projeter cette image de je-m’en-foutisme.

Tant qu’il n’y aura pas un changement de mentalité majeur au sein des Conservateurs à propos de l’environnement, la population canadienne continuera d’être ridiculisée sur la scène mondiale.

Malheureusement, ce changement demeure utopique. À preuve, ces mots de Christian Paradis, ministre des Travaux publics et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec : «On va livrer la marchandise de façon réaliste et en équilibre avec la priorité qui est l'économie ici.»

Un autre exemple montrant que notre gouvernement n’a rien compris.

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