Si vous n’avez pas encore vu le documentaire Home, offert à plus de la moitié de la planète depuis vendredi dernier sur différentes plateformes (voir texte en page 19), je vous conseille de vous faire un cadeau et de vous offrir ce sublime exercice de réflexion.
Si vous n’êtes pas bouleversé par les propos du réalisateur français Yann Arthus-Bertrand, c’est que vous êtes tout simplement insensible à la continuité de la vie sur Terre. Votre petit bonheur n’est probablement axé que sur votre confort personnel, dans votre maison énergivore trop grande pour vous et votre famille, remplie d’objets futiles made in China qui finiront assurément au dépotoir.
Si vous n’avez pas réfléchi un seul instant sur ce qui vous entoure, sur la vie que vous menez, sur vos comportements quotidiens, c’est sûrement parce que vous priorisez votre bien-être personnel avant de penser à ces travailleurs africains, récoltant leurs cultures à la main, ou encore aux multiples espèces animales et végétales en voie d’extinction un peu partout sur la planète.
Si vous n’avez pu vous imaginer la fonte de la calotte glacière en Arctique, si vous ne vous êtes pas demandé ce qu’il adviendrait de l’Humanité, avec un grand H, si vous ne vous êtes pas arrêté pendant un moment pour réfléchir aux conséquences désastreuses de l’extraction des sables bitumineux en Alberta, dans notre propre cour, il n’y a probablement plus rien à faire.
Vous continuerez de conduire votre gros 4 X 4 pour aller à l’épicerie du coin. Vous serez toujours celui qui arrosera son entrée afin de rendre le bitume étincelant. Vous gaspillerez sans compter la nourriture, qui aura parcouru des milliers de kilomètres pour atteindre votre assiette. Et vous jetterez encore les bouteilles de plastique à la poubelle, sans recycler ni réutiliser.
Si ce film ne change pas vos habitudes de consommation, il n’y a rien à faire. Vous serez, pour toujours, un ennemi de l’environnement. Parce qu’il est trop tard pour vous faire prendre conscience de toutes ces absurdités dont l’Homme a été capable depuis la révolution industrielle.
Il est maintenant temps d’agir. Tout de suite.
Grâce à la technologie HD, Arthus-Bertrand offre du haut des airs des images saisissantes, qu’on peine parfois à discerner. Est-ce un tableau impressionniste ou un paysage de notre Terre, cette planète que l’on partage avec 6 milliards d’êtres humains?
À peine quelques jours après sa sortie, certains critiquent déjà Home, affirmant qu’il ne donne pas assez de pistes de solution, qu’il devrait s’attaquer plus longuement au comment plutôt qu’au pourquoi.
Certes, le photographe transformé en cinéaste offre un compte-rendu alarmant (certains disent alarmiste) des actions répréhensibles de l’Homme sur la Terre. Mais force est de constater que le message ne passe pas encore partout!
En Chine, les usines de charbon continuent d’ouvrir à chaque jour afin de combler les besoins énergétiques grandissants de la plus populeuse nation du monde. Aux États-Unis, le nombre de voitures ne cesse d’augmenter. Plus près de chez nous, le gouvernement Harper poursuit son entêtement, et refuse de prendre quelque action concrète que ce soit pour réduire significativement les émissions de gaz à effets de serre au Canada.
Peut-être M. Harper et ses collègues conservateurs devraient-ils se taper une session de visionnement privée de Home. Ils y apprendraient peut-être des choses intéressantes.
Ils se rendraient peut-être compte qu’au-delà des politiques partisanes et des multinationales de l’Alberta, il existe un peuple, citoyen du monde, qui ne peut plus se permettre de vivre à un tel rythme. C’est littéralement une question de vie.
Peut-être M. Harper et ses collègues conservateurs devraient-ils se taper une session de visionnement privée de Home. Ils y apprendraient peut-être des choses intéressantes. -