Une jeunesse francophone plus éduquée, plus mobile et qui utilise davantage le français au travail, voilà le constat d’une autre étude commandée par le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) du Canada qui voulait en dresser un portrait de la jeunesse canadienne.
Selon les statistiques du dernier recensement canadien, la population francophone hors Québec est plus vieillissante que la population anglophone. En 2006, 16% de la population francophone était âgée de 5 à 19 ans, un pourcentage qui s’élève à 21% chez la population anglophone, alors que 16% de la population francophone et 13% de la population anglophone était âgée de 65 ans et plus.
La connaissance du français au Canada est plus forte chez les jeunes que chez leurs aînés. Près de 11% de la population canadienne vivant à l’extérieur du Québec affirme avoir une connaissance du français. Une proportion qui monte à 14% chez les jeunes âgés de 20 à 24 ans, alors que ce pourcentage se situe à 10% chez les personnes âgées de 45 à 64 ans.
Chez les anglophones, cette tendance est encore plus marquée. Alors que plus de 7% de la population anglophone vivant hors Québec affirme avoir une connaissance du français, cette proportion atteint 12% chez les anglophones âgés de 20 à 24 ans, et tombe à 5% chez les anglophones âgés de 45 à 64 ans.
Les jeunes Canadiens utilisent aussi davantage le français dans le cadre de leur travail. Un francophone sur deux âgé de 45 à 64 utilise le français en milieu de travail, alors que près des deux tiers des francophones âgés de 20 à 44 ans l’utilisent.
Sur le marché du travail, les jeunes connaissent un taux d’activité ainsi qu’un taux d’emploi plus élevé, mais leur taux de chômage est aussi supérieur.
Au niveau de la scolarité, les francophones sont de plus en plus éduqués et devancent maintenant les anglophones. C’est 32% de la population francophone de 20 à 34 ans qui possède un diplôme, certificat ou grade universitaire.
Finalement, les jeunes Canadiens représentent aussi le groupe d’âge le plus mobile. Près de 21% des anglophones et 24% des francophones âgés de 20 à 44 habitent une autre région ou une autre province que cinq ans auparavant.
Même si de tels chiffres semblent donner un portrait encourageant de la jeunesse canadienne, surtout en ce qui concerne l’utilisation du français, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) demeure prudente.
«Les statistiques comprennent les gens âgés de 20 à 44 ans, ce qui représente une large tranche d’âge, explique Sylvain Groulx, directeur général de la FJCF. Il est difficile en regardant de tels chiffres de voir vraiment l’évolution de la jeunesse canadienne. »
Le directeur de l’organisme qui représente les jeunes francophones de 15 à 25 ans du pays affirme toutefois trouver impressionnant le nombre de jeunes Canadiens disant pouvoir s’exprimer en français. (V.R./APF)
