En effet, selon un sondage de la firme Ipsos-Reid, les Canadiens sont encore divisés quant à l’état général de l’économie, mais la majorité d’entre eux demeurent optimistes. En effet, 54% croient que l’économie va bien, alors que 46% pensent le contraire. Fait à noter, un Canadien sur cinq (20%) pense que l’économie canadienne se détériorera au cours des 12 prochains mois.
Si les signes encourageants ne doivent pas être mis de côté, la possibilité de voir les taux d’intérêt grimper fait craindre le pire. «L’économie est solidement engagée sur la voie du redressement grâce à la vigueur des dépenses de consommation, à la faiblesse historique des taux d’intérêt et à l’amélioration des marchés du crédit», affirme Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef, RBC.
Cependant, «les inquiétudes éventuelles des Canadiens à l’égard d’une hausse imminente des taux d’intérêt et de la vigueur du dollar canadien pourraient expliquer la légère baisse de l’indice et le regain de pessimisme quant à la tenue de l’économie à court et à long termes».
Selon le sondage, quelque 69% des répondants s’attendaient à l'augmentation des taux d’intérêt au cours des six prochains mois. Ces derniers ont vu juste puisque déjà, à la fin du mois de mars, plusieurs banques ont haussé leur taux hypothécaire et cela pourrait se poursuivre d’ici l’été.
Si le sondage Ipsos-Reid fait ressortir que 44% des Canadiens croient que leur situation financière personnelle va s’améliorer d’ici la fin de l’année 2010, d’autres rapports tendent à démontrer le contraire.
Une étude de la CIBC souligne que le ratio dette/revenu des ménages canadiens a continué d’augmenter pendant la récession. Il avait même atteint, en décembre 2009, un sommet record de 147%.
L’optimisme des Canadiens face à la reprise économique a fait en sorte que les gens ont augmenté leurs dépenses, sans pour autant avoir les revenus. «Malgré le bon moral des consommateurs canadiens, leur récent modèle de consommation ne s’est pas appuyé sur une augmentation équivalente de leur revenu», souligne Benjamin Tal, économiste principal à la CIBC. «Le revenu réel disponible a diminué au cours de l’année écoulée et, jusqu’à un certain point, les achats des consommateurs s’appuient plutôt sur les emprunts que sur le revenu.»
Pour l’économiste, «bien qu’un meilleur état d’esprit puisse à court terme pousser les dépenses des ménages à la hausse, cette reprise de la consommation doit finalement s’appuyer par une amélioration des indicateurs de base comme l’augmentation du revenu, la baisse du chômage et la réduction des dettes», ajoute M. Tal.
Il ne faut donc pas s’étonner, devant ces constats, d’apprendre qu'un Canadien sur trois (34%) est préoccupé par l'ensemble de sa situation financière. En effet, 65% ont affirmé avoir le sommeil troublé par leurs soucis financiers, 27% s’inquiètent du remboursement de leurs dettes, 18% de leur épargne-retraite et 16% de l'absence de fonds d'urgence.
Économie canadienne : Tout va bien, mais pourtant…
À 98 cents, le dollar canadien s’approche de la parité avec la devise américaine; à 84$ le prix du baril de pétrole dépasse des sommets de l’automne 2008; en janvier 2010, le produit intérieur brut (PIB) réel a connu une croissance de 0,6%, ce qui constitue une montée pour un cinquième mois consécutif; la vente des véhicules neufs a repris de la vigueur en 2010; un constat similaire peut être établi pour la vente de maisons… Pourtant, malgré tous ces signes encourageants de vitalité économique, la population canadienne doute que le pays soit sorti de la crise économique.
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