Réponse à M. Cléroux
Après avoir lu votre page «Opinion» publiée le 20 août dernier, j’ai senti le besoin de suivre vos directives et de réagir aux deux articles signés par votre célèbre journaliste et commentateur, Richard Cléroux, et notre érudit professeur à la retraite, Jean G. Lengellé.
Le fait que ces deux personnages importants aient pris le temps d’écrire sur un sujet qui me tient à cœur est réconfortant, même si leur perception est quelque peu opposée à la mienne. Nous avons des valeurs différentes, mais je respecte leur opinion.
Issu d’un milieu ouvrier, ayant travaillé ardemment pour élever ma famille et rencontrer mes obligations, j’ai appris la valeur de l’argent, l’importance de l’utiliser de façon productive et ne pas le gaspiller. Mes parents m’ont enseigné que c’était encore plus important quand il s’agissait de l’argent des autres, car il faut en rendre compte.
La municipalité a dépensé plus de 100 000$ dans cette cause avec la possibilité que les coûts s’élèvent jusqu’à 500 000$. C’est, pour moi, un montant considérable. À mon avis, payer des frais juridiques quand il y a moyen de l’éviter est un gaspillage de fonds publics…. à moins que vous ne soyez un avocat. Nos élus ont l’obligation d’agir de façon responsable avec nos taxes. Voilà pour l’aspect financier.
Au sujet du respect d’autrui, je ne suis pas le genre à aller dire à mon voisin de quelle couleur peinturer sa maison ou à ma troisième voisine comment opérer son salon de coiffure. Je pourrais peut-être le suggérer, mais il me serait malvenu de leur imposer mes goûts. Je n’aime pas me faire dire, de façon brutale, par législation, comment gérer mes propres affaires et je ne le ferai pas aux autres. Voilà pour le respect.
Contrairement à ce que peut laisser croire M. Cléroux, je n’ai aucune affinité avec Howard Galganov et Jean-Serge Brisson. Ce sont deux personnes qui ont des opinions divergentes et je l’accepte parce que je n’ai pas le choix, mais, étant donné les circonstances hors de mon contrôle, je peux changer ma façon d’opérer.
Je suis en faveur des affiches bilingues, mais est-il sage, dans les circonstances, d’avoir une législation qui force les commerçants à agir contre leur gré? Ce n’est pas une question de sécurité où la municipalité aurait le devoir de s’impliquer. Quand il s’agit de comportement, il est beaucoup plus important de convaincre et encourager que de légiférer. Pouvez-vous me dire, messieurs, de quelle manière mes droits de Franco-Ontarien seraient affectés si quelques commerçants persistent à afficher en anglais seulement? J’ai toujours la liberté de ne pas acheter chez eux et je ne me compliquerai pas la vie pour rien.
Je souhaiterais tellement que nos taxes, à tous les niveaux, soient utilisées de façon productive et responsable, de manière à ce que tous les contribuables puissent en bénéficier en ayant une meilleure qualité de vie, de meilleurs trottoirs, de meilleures routes, etc. De plus, le conseil devrait se faire un devoir de promouvoir la bonne entente afin que tous les résidents de Russell, anglophones et francophones, s’entraident et se respectent mutuellement. Ce serait tellement plus agréable pour tout le monde.
N’en déplaise à messieurs Cléroux et Lengellé, il y a environ 1400 personnes, des deux groupes linguistiques, qui ont signé la pétition et qui, en principe, partagent le même avis que moi. Il est toujours possible de le faire sur www. russellpetition.ca .
Merci à tous ceux et celles qui m’appuient, c’est très apprécié.