Les impacts de la crise économique se font ressentir au sein des différentes fondations destinées aux francophones à travers le Canada, mais les dirigeants de la plupart de ces fondations affirment que cela aura néanmoins peu d’impact sur les communautés.
Règle générale, les fondations investissent leur capital et se servent uniquement des intérêts générés par celui-ci pour distribuer des bourses ou du financement, tout dépendant de la mission poursuivie. La chute des marchés boursiers a donc porté un dur coup aux fondations en entraînant des pertes au niveau de leur capital de base.
Pour la Fondation fransaskoise, la situation est désastreuse, car elle a perdu 74% de son capital, ce qui équivaut à 1,2 million $. Cette situation signifie qu’elle sera incapable de distribuer des bourses d’études jusqu'à ce que son capital de base atteigne les 800 000$.
Cependant, d’autres fondations ont été plus chanceuses. Par exemple, la Fondation pour la recherche et l’Hôpital Saint-Boniface (FRHSB) a perdu seulement 14% de son capital durant la crise économique et la Fondation de La Cité collégiale a perdu environ 8% de son fonds de bourses.
Les deux fondations ont d’ailleurs indiqué que grâce aux différentes campagnes de financement et grâce à l’aide des gens des deux communautés, elles ont quand même pu augmenter leur capital comparativement à l’année dernière.
«La communauté de Saint-Boniface a été d’un énorme soutien, spécialement la communauté francophone qui organise à chaque année une soirée chocolatée et un radiothon de l’espoir au profit de la FRHSB», affirme le président-directeur général de la fondation, Stuart Murray.
De son côté, la Fondation franco-ontarienne FFO se targue de n’avoir rien perdu au cours de la crise grâce à des investissements prudents. «Nous investissons depuis bon nombre d’années tout notre capital que dans des placements à terme sans risque. Voilà pourquoi la fondation est aujourd’hui en si bonne situation financière», explique le président de la FFO, Claude Gingras.
Mais bien que celle-ci n’ait pas perdu d’argent, ses revenus seront tout de même affectés, comme les autres fondations, par la baisse des taux d’intérêt sur ses placements.
Afin de contrer les effets de la crise, plusieurs fondations se tournent vers des campagnes de financement. Dans le cadre de son 25e anniversaire, la FFO organise une campagne majeure dans le but d’amasser 2 millions $, ce qui doublerait son capital. Selon Claude Gingras, le double du capital générera plus d’intérêts et permettra à la fondation de continuer à financer une multitude de projets bénéficiant aux communautés francophones de l’Ontario.
La Fondation de La Cité collégiale, pour sa part, possède un fonds de réserve d’un demi-million de dollars afin de lui permettre d’administrer le même nombre de bourses qu’à l’habitude lors des périodes économiques plus difficiles.
Pour la Fondation fransaskoise, ce ne sera pas aussi facile de trouver des solutions afin d’atteindre les 800 000$ requis pour recommencer à attribuer des bourses. Les dirigeants de la fondation comptent sur la générosité des donateurs pour amasser assez d’argent, mais cela pourrait prendre plusieurs années.
«Il n’y a aucun doute dans mon esprit que la générosité des Fransaskois fera en sorte que nous serons en position d’appuyer à nouveau notre jeunesse et notre communauté dans quelques années», déclare la présidente du conseil d’administration de la Fondation fransaskoise, Nicole Poulin.
Certaines fondations, comme la Société Saint-Thomas-d’Aquin à l’Île-du-Prince-Édouard et la Fondation de La Cité collégiale, sont très confiantes face à la relance économique et misent beaucoup sur une reprise rapide afin de minimiser les impacts de la récession.
La reprise progressive des marchés lors du mois de juillet a donné bon espoir à plusieurs fondations et à la population en général. «Les gens reprennent le dessus et on voit une différence lors des campagnes de financement», explique le président de la Fondation de La Cité collégiale, Alain Lalonde.
Claude Gingras demeure quant à lui prudent. Il admet avoir des réserves face à cette reprise et croit que l’économie chutera de nouveau cet automne avant que les marchés ne reprennent pour de bon.
